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Un procès avant le procès

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Les élus de l’Assemblée nationale ont-ils eux aussi encore droit à la présomption d’innocence?

«Ils ont moins le droit à l’erreur», me disait la députée Nathalie Roy, de la CAQ, à la radio vendredi midi.

Vraiment?

Il est vrai qu’un ministre comme Pierre Paradis risque de payer plus cher un écart de conduite qu’un citoyen qui travaille dans l’anonymat. Mais encore faut-il que l’écart ait bel et bien été commis!

Comme dans l’affaire Sklavounos, Paradis est en train de subir un procès public alors qu’aucune accusation criminelle ne pèse contre lui. Il faut dire aussi que ces allégations arrivent à point pour ses détracteurs, ses compétences de ministre étant remi­ses en question du fait de sa gestion du conflit avec l’UPA.

Autrement dit, il y aurait peut-être aussi un peu de politique là dedans.

PLAIGNANTE CRÉDIBLE

Cela dit, mes antennes sur la colline m’indiquent que le récit de la plaignante est crédible. On ne serait pas devant un cas de vengeance, me dit-on. Mais attention! il appartiendra aux policiers, puis aux procureurs du DPCP et ultimement à un juge d’en décider.

Depuis que le concept de «culture du viol» et le slogan «on vous croit» sont sur toutes les lèvres, c’est comme si les mouvements féministes populaires avaient remplacé les tribunaux. Pourtant, on peut à la fois croire les victimes et garder à l’esprit que tout le monde doit encore jouir de la présomption d’innocence jusqu’à preuve du contraire.

SKLAVOUNOS BLANCHI ?

D’ailleurs, revenons au député Gerry Sklavounos. À moins d’un revirement important, préparez-vous à ce qu’aucune accusation criminelle ne soit déposée contre lui. Ça risque de crier fort, mais selon des sources proches du milieu judiciaire, le DPCP serait incapable de prouver la commission d’un crime hors de doute raisonnable.

Évidemment, les nombreuses contradictions dans la version de la plaignante n’auraient pas aidé. Mais le tribunal populaire, lui, avait déjà rendu son jugement. La carrière politique du député pourrait donc être terminée.