/news/health
Navigation

Pas de bain pendant des années dans un CHSLD de la Gaspésie, selon le Protecteur du citoyen

Les personnes âgées étaient uniquement lavées dans leur lit à la débarbouillette

chsld ross
Courtoisie Le CHSLD Mgr Ross à Gaspé où des personnes âgées n'ont pas eu de bain pendant plusieurs années.

Coup d'oeil sur cet article

GASPÉ | Des personnes âgées de la Gaspésie ont subi des conditions de vie inhumaines alors qu’elles n’ont pas eu de bain pendant plusieurs années et que les délais de réponse étaient si longs qu’ils urinaient dans leurs vêtements avant qu’un préposé n’arrive.

À la suite d’une plainte, le Protecteur du citoyen a visité, parfois sans s’annoncer, près d’une dizaine d’hôpitaux, de CHSLD et de CLSC de la Gaspésie. Même si la sécurité des personnes âgées n’était pas compromise, leurs conditions de vie étaient parfois atroces.

Par exemple, au Centre d’hébergement Mgr-Ross de Gaspé, qui compte 97 lits, l’enquête démontre que la moitié des résidents étaient uniquement lavés à la débarbouillette.

«Au cours de l’été 2016, il a été établi que des résidents de ce milieu d’hébergement n’avaient pas reçu de bain avec immersion dans l’eau depuis plusieurs années», peut-on lire dans le rapport rendu public mardi matin.

«À notre grande surprise, on s'est rendu compte que c'était une culture dans l'établissement, même qu'on a dû rencontrer le personnel pour les informer qu'on avait l'obligation de donner des bains complets», a dit la PDG du CISSS de la Gaspésie, Chantale Duguay. .

Selon le CISSS, la situation a été réglée au printemps dernier.

Le président du Comité des usagers Camil Leduc n’a pas été surpris. «Je suis content qu’il n’y ait pas de lacunes au niveau de la sécurité des usagers, mais il y a place à amélioration pour ce qui est items soulevés», a-t-il dit.

Urine dans les vêtements

Les enquêteurs ont également constaté, au-delà du grand dévouement des employés, que les délais de réponse des préposées aux demandes des résidents de CHSLD sont parfois trop longs. «Des résidents sont contraints, en raison des délais, à uriner dans leurs vêtements et ultimement, à porter une culotte d’incontinence».

On découvre aussi que des aînés du CHSLD de New Carlisle se font réveiller à 5h30 du matin pour démarrer leur journée plutôt que pouvoir dormir selon leur besoin. «Dans ce cas, la routine du personnel a nettement préséance sur le rythme des résidents», a-t-on écrit.

19 recommandations

Au final, l’enquête n’a pas révélé de «lacunes majeures» laissant craindre pour la santé et la sécurité des usagers.

«Mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas important, puisqu’il y a des recommandations. Ça ne met pas la vie de ces gens en danger, mais c’est clair qu’il y a des actions à poser», a commenté Pascal Hardy, du Protecteur du citoyen.

Le rapport fait 19 recommandations au CISSS de la Gaspésie, qui s’est engagé à les mettre en place.

Satisfaits

La présidente du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est-du-Québec, Micheline Barriault, n’en revient toujours pas d’avoir dû s’adresser au Protecteur du citoyen pour que le CISSS Gaspésie prenne au sérieux ses récriminations.

  • Extraits du rapport

  • La marge de manœuvre du personnel infirmier est pratiquement inexistante.
  • Les préposées disent fournir des soins «à la chaîne » et se font appeler «Madame pilule».
  • Des résidents demeurent seuls au salon pendant de longues minutes, les préposées étant toutes occupées (...) ce manque de surveillance a déjà donné lieu à des altercations évitables entre résidents
  • Plusieurs résidents feraient l’objet d’une mesure de contention dans le but de pallier le manque de surveillance, alors que ce type de mesures ne devrait être utilisé qu’en dernier recours.
  • Les lieux physiques des diverses urgences sont exempts de taches ou de débris, cependant, (...) un bac destiné aux vêtements souillés se trouvait à la tête d’une civière occupée par une patiente.