/news/currentevents
Navigation

Hausse des consultations de psy à prévoir

Pascale Brillon, Psychologue
Photo courtoisie Pascale Brillon, Psychologue

Coup d'oeil sur cet article

Le nombre de demandes de consultations psychologiques augmente après des attentats terroristes comme celui qui a fait six morts à Québec dimanche.

«Lorsqu’il y a eu [l’attentat de] Charlie Hebdo, le nombre de prescriptions d’antioxiolique a augmenté en flèche. Lors d’événements comme ça, oui, ça va exacerber le sentiment de crainte, mais surtout chez les gens qui sont déjà fragiles, qui ont une propension à l’anxiété», a relaté la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Christine Grou.

«J’en ai vu dans mon bureau des patients qui, suite aux attentats de 2001, ont eu une montée de leur anxiété», a-t-elle ajouté, insistant sur le fait que ceux qui en ressentent le besoin doivent aller chercher de l’aide.

Flashbacks

Les militaires de retour de mission ou des policiers qui ont été impliqués dans une fusillade sont plus susceptibles de mal réagir à la médiatisation d’un tel drame violent, selon une psychologue spécialisée en stress post-traumatique.

«Les gens plus anxieux sont ceux qui ont déjà vécu des attentats. Ça fait remonter leurs souvenirs enfouis, ça leur amène des flashbacks», a expliqué Dre Pascale Brillon.

Cela peut survenir aussi pour des endeuillés de proches décédés tragiquement. Par exemple, les proches de victimes tuées par arme à feu seront plus stressés face à ce drame.

«Des gens peuvent nous appeler dans les prochains jours en disant: “je pensais que c’était réglé, mais pour moi, tout ce qui se passe est extrêmement difficile”, a expliqué Dre Brillon. J’ai déjà eu des patients qui ont vécu le 11 septembre 2001, et ils me disaient qu’à chaque fois qu’ils voyaient des vigiles à ce sujet ou des cérémonies avec le nom des victimes, ça leur rappelait ce qu’ils avaient vécu.»

Ceux qui ont déjà vécu un traumatisme et qui entendent les faits relatés par les survivants vont parfois même être en mesure de s’imaginer les cris lors des coups de feux, ce que l’agresseur dit, les bruits des armes.

Des immigrants qui ont fui l’horreur de leur pays pour se réfugier au Québec peuvent aussi vivre un «choc immense», a ajouté Dre Brillon.