/entertainment/opinion/columnists
Navigation

La SRC, TLMP et l'attentat de Québec

Coup d'oeil sur cet article

Dimanche soir, c’est par une notification de la BBC sur mon téléphone que j’ai appris la tuerie à la mosquée de Québec. J’ai tout de suite ouvert la radio, puis la télévision. À la première chaîne de la télévision et de la radio publiques, Guy A. Lepage trônait comme si de rien n’était. Pendant ce temps, à RDI, on tentait tant bien que mal de démêler l’écheveau des événements. J’ai décidé de les suivre à TVA en espérant être mieux servi. Sage décision!

Quelques secondes avant 22 h, Pierre Bruneau et Mario Dumont, qu’on avait appelés d’urgence, étaient à l’écran de LCN, puis à celui de TVA. Grâce à Bruneau, un chef d’antenne expérimenté, les deux chaînes de TVA ont pu poursuivre un reportage difficile, mais cohérent, sur la tragédie de Québec.

Il a fallu attendre jusqu’à 22 h 21 avant que Radio-Canada diffuse un bulletin spécial sur sa chaîne principale. Même si la nouvelle avait déjà fait le tour du monde et été l’objet de bulletins spéciaux sur les chaînes de dizaines de pays,

Radio-Canada n’avait pas jugé bon d’interrompre Tout le monde en parle. Même pas un bandeau (streamer) au bas de l’écran! On n’allait surtout pas aiguiller les téléspectateurs ailleurs.

Une vache sacrée

Comme la vache est intouchable en Inde, Tout le monde en parle est tout aussi intouchable à Radio-Canada. Cette grand-messe du dimanche soir est une vache sacrée. Elle a préséance sur tout. C’est la seule émission, avec les galas, qui soit exempte du sacro-saint horaire. Mais les galas ont une excuse: ils sont diffusés en direct. Ce n’est pas le cas de Tout le monde en parle.

L’émission est enregistrée le jeudi soir. Toutes les émissions, enregistrées ou non, sont soumises à un minutage strict, mais pas celle de Guy A. Lepage. Elle n’est soumise à aucune règle. On invite qui on veut sans que la direction ait son mot à dire. Lepage a plus de pouvoir sur son émission que le PDG Hubert Lacroix lui-même.

Ce ne sont pas Guy A. Lepage et son équipe qui sont responsables du cafouillis de dimanche soir, mais l’incurie scandaleuse de la direction de Radio-Canada qui leur abandonne littéralement les ondes publiques.

Si l’équipe de Tout le monde en parle jouit d’un tel pouvoir, c’est parce que Radio-Canada a depuis toujours capitulé devant elle. Le diffuseur s’agenouille avec complaisance parce que l’émission continue d’enregistrer des cotes d’écoute enviables.

La direction de Radio-Canada jure toujours ses grands dieux qu’elle est imperméable aux cotes d’écoute. Elle trouve pourtant toujours une excuse pour justifier certaines émissions à la limite du bon goût. Elle a fermé les yeux sur des scènes déplorables de la défunte série Les Bougon, elle les ferme toujours sur des scènes dramatiques qui frisent la pornographie et elle se bouche les oreilles sur le langage ordu­rier des séries qu’elle diffuse. Inutile d’ajouter qu’elle n’a cure du massacre quotidien de la langue française dont elle se fait la complice.

Les directeurs de l’information de la SRC, Alain Saulnier le premier, n’ont jamais compris le blanc-seing dont jouit Tout le monde en parle. L’émission tasse à volonté le Téléjournal du dimanche soir ou en réduit la durée, en plus de piétiner, souvent avec de gros sabots, les plates-bandes de l’information et des affaires publiques.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

Le premier ministre Philippe Couillard en avait pourtant assez sur les bras avec les paradis... fiscaux!