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Monsieur le premier ministre

Monsieur le premier ministre
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

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Monsieur le premier ministre Couillard,

En tant qu’observateur de la scène politique, j’ai souvent porté un jugement très critique envers vous, envers la gestion de votre gouvernement et particulièrement de vos communications.

Lourde tâche

Au cours des 48 dernières heures, vous avez incarné avec grâce la lourde tâche qui vous incombe. Il m’est avis que le genre de situation à laquelle vous avez eu à faire face représente ce qu’il y a de plus éprouvant pour un chef d’État.

C’est dans ces moments que votre fonction est la plus lourde à porter. Le poids de toute une nation. La tristesse, l’incompréhension et la colère d’un peuple sur les épaules d’un seul homme. Il faut alors trouver les bons mots. Car il n’y a pas que la responsabilité qui est pesante. Le sens des termes choisis aussi. Il faut parler vite, parler bien. Unir plutôt que diviser. Ne pas embarquer dans le jeu des quelques personnes qui souhaiteraient attiser la haine et s’abreuver de vos propos pour alimenter la déferlante de commentaires polarisants dans l’espa­ce public.

Dès les premières heures, vous avez évité de pointer un doigt accusateur. Vous avez donné la mesure. Ouvert la voie pour la classe politique qui, à l’exception d’une personne bien «solidai­re», a fait preuve d’une belle unité. Vous n’avez pas été aspiré dans le jeu de celles et ceux qui voudraient faire des procès d’intention avant d’avoir en main une information complète. Nombreux sont les experts et autres pseudo-psychologues sociaux à cinq sous qui ont rapidement tenté de tirer des conclusions hâtives. Cela est déplorable.

Derrière vous

Monsieur le premier ministre, je vous remercie de votre droiture, de votre leadership et de votre sens des responsabilités dans ces temps durs. Nous venons d’entrer dans une période où, plus que jamais, votre rôle est essentiel au bon fonctionnement de notre société.

La responsabilité est énorme, mais nous sommes derrière vous.