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Justin Trudeau revient sur sa promesse de modifier le mode de scrutin

Justin Trudeau revient sur sa promesse de modifier le mode de scrutin
Photo Agence QMI, Matthew Usherwood

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OTTAWA – En reniant sa promesse de réformer le mode de scrutin avant les prochaines élections en 2019, Justin Trudeau a «menti», «trahi» et «craché au visage» des électeurs canadiens qui lui ont fait confiance, accuse le Nouveau Parti démocratique.

La nouvelle ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, a annoncé mardi que le gouvernement Trudeau abandonne son engagement de modifier le système électoral, rompant ainsi avec une promesse de campagne réitérée lors du discours du trône de 2015.

«Ce que nous avons trouvé, d'après des centaines de milliers de Canadiens qui ont participé à nos consultations, c'est qu'il n'y a pas de consensus sur la façon de changer le système», a affirmé la ministre en point de presse à Ottawa.

Mais selon l’opposition, les libéraux laissent tomber la réforme pour une seule et bonne raison: le mode de scrutin qu’ils souhaitaient voir adopter - la préférentielle - a rapidement été écarté lors du processus de consultation.

À la période de questions, Justin Trudeau a relativisé l’ampleur de cette volte-face, signalant qu’il préfère accomplir en l’absence de volonté populaire claire, «ce qui est bon pour les Canadiens», plutôt que de «cocher une case dans une plate-forme électorale».

Loin d’émouvoir, les explications des libéraux ont provoqué rage et déception dans une partie de l’opposition, particulièrement au sein des troupes néo-démocrates.

Selon le député Alexandre Boulerice, les consultations menées par le gouvernement sur la question ont bel et bien permis de dégager un consensus en faveur d’un mode de scrutin proportionnel.

«Les gens veulent un système où chaque vote compte. Les gens étaient favorables à un système proportionnel. Dire que ce n’est pas le cas est un mensonge», a-t-il pesté.

«Nous sommes furieux, dégoûtés, tristes, a-t-il ajouté. C’est une journée sombre pour la démocratie et le respect de la parole donnée.»

En reniant sa promesse, Justin Trudeau «manque de respect envers les gens, mine la confiance envers nos institutions, et augmente le cynisme politique», a ajouté M. Boulerice.

Dans la même veine, le député du Bloc québécois Luc Thériault a estimé «qu’on est train de faire la preuve qu’il ne faut jamais laisser ce débat-là entre les mains des politiciens».

Le Parti conservateur n’a jamais voulu de la réforme, mais la chef intérimaire Rona Ambrose estime que les Canadiens y penseront maintenant «à deux fois avant de croire ce que Justin Trudeau leur dit».