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Policiers et travailleurs sociaux sur les mêmes interventions

Sur le terrain, ils aident les gens ayant des problèmes de santé mentale

L’agent Mario Raymond du Service de police de Sherbrooke et la travailleuse sociale Sylvie Desautels interviennent dans les dossiers où se trouvent des problématiques de santé mentale.
Photo éliane thibault L’agent Mario Raymond du Service de police de Sherbrooke et la travailleuse sociale Sylvie Desautels interviennent dans les dossiers où se trouvent des problématiques de santé mentale.

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SHERBROOKE | Des intervenants sociaux accompagnent les policiers de Sherbrooke dans des autopatrouilles pour agir auprès des gens avec des problèmes mentaux, ce qui a permis d’éviter plusieurs hospitalisations.

Le policier Mario Raymond patrouille deux soirs par semaine avec la travailleuse sociale Sylvie Désautels depuis mai 2016. Ils font partie de l’Équipe mobile d'intervention psychosociale qui a le mandat de désamorcer des crises et de mieux aider les gens atteints de problèmes mentaux.

Par exemple, lorsque les policiers reçoivent un appel pour une personne suicidaire et qu’ils ont sécurisé les lieux, le travailleur social est souvent plus apte à intervenir que les policiers.

Auparavant, les agents embarquaient les personnes et les transportaient directement à l’urgence pour qu’elles soient évaluées.

Maintenant, l’intervenant social prend le temps de discuter avec elles et très souvent, un transport à l’hôpital est évité. La personne est prise en charge plus rapidement et dirigée au bon endroit. «On arrive dans une situation où les gens sont en crise, où il y a de la souffrance. On les met tout de suite en lien avec les services adaptés à leurs besoins. Dans cet échange, on arrive à leur donner un meilleur service», ajoute la travailleuse sociale Sylvie Desautels.

Suicidaire

Par exemple, une dame en état d’ébriété qui s’était disputée avec son conjoint disait vouloir en finir avec la vie, mais elle ne voulait pas vraiment mettre fin à ses jours parce qu'elle aimait trop sa fille. À sa demande, l'équipe a vidé les bouteilles de bière dans son évier, l'a aidée à se coucher, et, le lendemain, son dossier était pris en charge par les services sociaux.

«Ce genre d'intervention se terminait auparavant à l'hôpital avec une sortie dès le lendemain. Cette dame aurait possiblement rappelé quelques semaines plus tard avec le même genre de propos. Les policiers auraient dû répondre à un 2e et 3e appel de ce genre», explique M. Raymond.

Problématique élevée

À Sherbrooke, plus de 13 % de la population est affectée par un trouble de santé mentale, ce qui est au-dessus de la moyenne québécoise de 11,5 %. Ces chiffres se reflètent dans les interventions du SPS qui a formé douze policiers pour ces cas qui exigent plus de finesse.

Certes, les interventions sont plus longues, mais elles évitent notamment l'émission de constats d'infractions ou des hospitalisations.

En chiffres

75 % des personnes aidées n'étaient pas connues des services sociaux

115 personnes ont été soutenues par l'ÉMIP lors de 52 quarts de travail

21 transports aux urgences évités

L'équipe est intervenue pour 163 tentatives de suicide