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Des déneigeurs blâmés pour le décès d’une brillante élève

Selon le coroner, il a épandu la moitié moins d’abrasifs et de sel malgré l’état glacé de la chaussée

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Photo d'archives Océanne Pagé Dufour a perdu la vie dans un dérapage causé par une chaussée glissante près de Drummondville.

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SAINT-GUILLAUME | Un déneigeur est blâmé par un coroner pour avoir mal entretenu la route 122 près de Drummondville, ce qui a causé un accident qui a mené à la mort une adolescente de 14 ans.

Le coroner Yvon Garneau estime dans son rapport publié jeudi que le décès d'Océanne Pagé-Dufour, 14 ans, aurait pu être évité si l'entreprise chargée de déglacer la route avait fait son travail correctement comme l’exigeait son contrat du ministère des Transports.

Le 18 mars 2016, vers 7 h 45, l'adolescente se rendait à l'école en compagnie de ses deux sœurs. Près de trois centimètres de glace recouvraient alors la chaussée, ce qui a fait déraper l'aînée qui était au volant.

La voiture des jeunes filles est entrée en collision avec un véhicule qui venait en sens inverse dans le secteur de St-Edmond-de-Grantham, près de Drummondville. L'impact a été très violent. L’adolescente, une première de classe et très impliquée dans son école, est décédée sous les yeux de ses sœurs.

«Même les policiers et les pompiers m'ont dit qu’il n'était pas normal que la route soit mal entretenue comme ça», a lancé le coroner.

Selon le rapport, l’entrepreneur a dit avoir épandu ce matin-là 250 kg d’abrasifs et de sel par kilomètre. Mais les registres du ministère des Transports font plutôt état de seulement 102 kg/km. «Manifestement, les façons de faire retenues par l’entrepreneur se sont avérées inadéquates pour obtenir une chaussée non glissante», écrit-il.

Océanne Pagé Dufour était une première de classe à l’école Jean-Raimbault où elle étudiait en secondaire 2.
Photo d'archives
Océanne Pagé Dufour était une première de classe à l’école Jean-Raimbault où elle étudiait en secondaire 2.

Pas suffisamment de sel

Le coroner a expliqué que les gens responsables du déneigement avaient des obligations de résultat, mais il y a eu des «manquements importants aux obligations contractuelles». Selon lui, l'entretien de la route était «non conforme aux exigences prescrites».

«Visiblement, ils ont oublié d’épandre quelque chose sur l'asphalte, du sel ou du sable [...] mais on a constaté que ça n'avait pas été fait», a-t-il dit.

Selon lui, la jeune conductrice n'a rien à se reprocher, la route était «carrément impraticable ce matin-là».

Sous-traitance

Le sous-traitant responsable de l’entretien de la route était engagé par l'entrepreneur général qui était sous contrat avec le Ministère.

«C'est une route qui devrait être déneigée et déglacée, mais ce n'était pas le cas. La version que l'entrepreneur donne sur son travail effectué ne concorde pas avec la réalité», a déploré Yvon Garneau.

Afin de mieux surveiller et encadrer le travail des déneigeurs, le coroner recommande l'installation de puces GPS dans les véhicules de déneigement permettant ainsi aux autorités de suivre les travaux en temps réel.

Des sanctions

Le ministère des Transports a sanctionné l'entrepreneur avec qui il était sous contrat. Ce dernier s’est défendu en disant que l’entretien était effectué par son sous-entrepreneur.

La Sûreté du Québec confirme qu'il n'y aura pas d'accusation criminelle portée dans ce dossier.

«C'est triste, c'est une jeune victime et l'accident est venu me chercher. Je suis coroner, mais j'ai un cœur», a avoué Yvon Garneau.

Le ministère des Transports n’a toujours pas souhaité commenter le rapport du coroner Garneau.