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Ses cache-sexe gardent les hommes au chaud depuis 40 ans

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Photo Samuel Blais-Gauthier Alice Fournier tricote des cache-sexe depuis 40 ans, mais elle ne sait pas ce que ses clients font avec ses oeuvres.

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WAKEFIELD | Une femme de l’Outaouais tricote des cache-sexe en laine pour hommes depuis quarante ans, et leur popularité ne se dément pas.

Alice Fournier, qui aura bientôt 70 ans, adore tricoter, mais contrairement à ses collègues de tricot, elle ne fait pas des pantoufles en Phentex, mais plutôt des «chauffe-zizi», comme elle les appelle.

«Il y en a pour toutes les grandeurs, des petits, des moyens et des grands. Tant qu’à tricoter des pantoufles, je me suis dit qu’il y avait moins de personnes qui tricotaient des cache-sexe», lance bien à l’aise la dame, aussi colorée que ses créations.

Même à l’église Mme Fournier, du petit village de Wakefield, en Outaouais, n’a aucun tabou. Elle expose régulièrement ses œuvres dans différents salons érotiques.

«Il faut être de son temps. Je trouve que ce n’est pas vulgaire et que ça se présente bien. J’ai même déjà tricoté de mes chauffe-zizi au sous-sol de l’église», confie-t-elle en poussant un rire.

Victime de son succès

La tricoteuse a vu il y a 40 ans un bonnet pour le «petit monsieur» en laine lors d’une visite à Montréal et a trouvé cela rigolo. Elle a donc décidé d’en confectionner à la blague, mais victime de son succès, on lui en redemandait. Elle a donc décidé de continuer.

Malgré son expertise dans la fabrication, elle ignore ce que les gens font avec.

«Les gens m’en achètent, mais ce qu’ils font avec, ça ne me regarde plus», lance la dame, toujours sur le ton de la rigolade.

Plusieurs chaque semaine

Chaque semaine depuis quatre décennies, Mme Fournier tricote d’une à deux douzaines de ses «chauffe-zizi». Elle les revend au coût d’une dizaine de dollars chacun. Parmi ses modèles les plus populaires, on retrouve ceux aux couleurs du Canadien, des Sénateurs d’Ottawa, des Bruins de Boston et aux couleurs arc-en-ciel pour la communauté gaie.

La retraitée dit ne pas faire cela pour l’argent, mais comme passe-temps.

«J’ai toujours de la laine avec moi, même dans l’auto. Quand j’ai un moment, je sors mes broches à tricoter. Les gens doivent se dire: regardez la dame qui tricote des pantoufles, mais ils ne se doutent pas que je fais un chauffe-zizi».

La dame qui sera bientôt septuagénaire a le sens de l’humour. Sur les instructions de lavage de ses créations, on peut lire: «Frottez légèrement à la main avec un détergent doux, rincez à l’eau et ne pas tordre».