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Trump perd les pédales au téléphone contre le premier ministre australien

Trump perd les pédales au téléphone contre le premier ministre australien
AFP

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Le président de la première puissance mondiale, Donald Trump des États-Unis, a littéralement perdu les pédales au téléphone avec le premier ministre de l’allié le plus indéfectible de son empire, après le Canada.

Selon ce que rapporte le Washington Post jeudi, auprès de sources ayant assisté à la scène, Trump aurait enguirlandé à qui mieux mieux le premier ministre australien Malcolm Turnbull le 28 janvier dernier, lors d’une conversation téléphonique prévue, pendant près de 30 minutes, avant de lui raccrocher au nez

Le quotidien de la capitale américaine raconte que le président n’aurait pas apprécié la question du premier ministre de l’Australie au sujet d’un accord intervenu entre les deux alliés, avant sa prise du pouvoir, pour le partage d’un peu plus d’un millier de réfugiés, avec lesquels l’Australie était aux prises.

«C’est le pire accord qu’on a jamais eu», lui aurait vociféré Trump. La veille, le président venait de signer le désormais célèbre décret migratoire, qui interdit l’entrée aux États-Unis de tous les ressortissants de sept pays musulmans et ferme les frontières à tous les réfugiés du monde.

Toutefois, le décret spécifiait que l’entente entre les États-Unis et l’Australie demeurait en vigueur, note le Post.  Visiblement, cet addenda au décret n’était pas l’idée du président.

«Je vais me faire tuer politiquement à cause ça», a-t-il dit. «Tu veux m’envoyer les prochains terroristes de Boston», lui aurait-il aussi crié, en faisant référence aux frères Tsarnaïev, les deux responsables d’origine russe (des Tchétchènes de la république du Daghestan) de l’attentat au Marathon de Boston, en avril 2013.

«Je n’en veux pas de son monde là», aurait-il martelé

Les réfugiés en question, qui sont présentement internés dans un camp militaire australien au milieu du Pacifique, proviennent notamment de l’Iran, de l’Irak et du Soudan, tous des pays visés par le décret migratoire. Selon l’ONU, ils seraient détenus dans des conditions déplorables. L’entente prévoit des examens de sécurité pour chacun d’eux avant leur admission en sol américain.

Trump a tweeté sur la question mercredi soir, en parlant faussement de «milliers de réfugiés» forcés par l’Australie d’entrer aux États-Unis (ils sont 1250) .

 



L’appel de Trump au premier ministre australien était prévu à l’agenda, dans la ronde de conversations avec les grands leaders du monde cette journée du 28 janvier. Turnbull était le dernier.

La conversation devait durer une heure. Voyant que son interlocuteur n’aimait guère se faire demander s’il allait respecter la signature de son pays au sujet de cet accord visiblement en contradiction avec le décret mis en vigueur la veille, le premier ministre lui a alors demandé de parler plutôt des sujets qui les rapprocheraient.

Trump lui a plutôt répondu que cette conversation avait été sa pire de la journée – il avait discuté avant avec Merkel, Hollande et Poutine notamment – puis il lui a raccroché au nez après seulement 25 minutes.

L'Australie est membre des Five Eyes, une alliance de cinq services de renseignement alliés, dont le Canada fait partie avec les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande, qui s'échangent entre eux seulement les informations les plus top secrètes qui soient. Ce qui démontre à quel point, rappelle le Washington Post, l'Australie a toujours été digne de la confiance des Américains.