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Un chroniqueur de Vancouver accuse le Québec d'être une société violente dans un grand quotidien américain

Un chroniqueur de Vancouver accuse le Québec d'être une société violente dans un grand quotidien américain
AFP

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J.J. McCullough, un commentateur politique et caricaturiste de Vancouver, sème la controverse en signant une chronique sur le Québec dans le quotidien américain The Washington Post.

Dans son texte intitulé «Pourquoi le Québec "progressiste" a-t-il tant de massacres?», McCullough, 33 ans, explique que depuis sa naissance, il y a eu six grands épisodes, ou tentatives de meurtres de masse: Denis Lortie en 1984, Marc Lépine en 1989, Valery Fabrikant en 1992, Kimveer Gill en 2006, Richard Henry Bain en 2012 et maintenant, Alexandre Bissonnette en 2017.

Le chroniqueur ajoute que ces actes de violence, qui se sont produits à des intervalles d’environ cinq ans, ne se sont pas déroulés ailleurs qu’au Québec.

McCullough paraphrase aussi sa collègue du Globe & Mail Jan Wong, qui en 2006, avait lancé une théorie controversée voulant que la loi 101 et les «luttes linguistiques» fussent liées aux tueries de Lépine, Fabrikant et Gill. La chronique de Wong avait été descendue en flammes et fortement critiquée par le public, les journalistes canadiens et plusieurs personnes en politique.

McCullough, de son côté, avance que le peuple canadien anglophone vit en secret son malaise envers le Québec et «son histoire sombre d’antisémitisme, de bigoterie religieuse et sentiment profasciste». Il ajoute que le Canada a désormais de bonnes raisons de croire que le Québec produit des personnes dangereuses:

«Et maintenant, ils [les Canadiens] ont de bonnes raisons d’observer que la province [de Québec] semble produire une foule de fous, enclins à des massacres publics, qui justifient souvent explicitement leur violence par des arguments d’insatisfaction envers la culture unique du Québec.»

Sur papier toutefois, le Québec demeure la troisième province avec le plus bas taux d’homicide au pays (0,93 pour 100 000 habitants en 2015), après Terre-Neuve-et-Labrador (0,57 pour 100 000) et l’Île-du-Prince-Édouard (0,68 pour 100 000). En Colombie-Britannique, le taux était de 2,03 en 2015, une augmentation de 0,11 depuis 2014.

De plus, 17 des 24 tueries de masse au Canada depuis 1967 ont eu lieu en dehors du Québec. 

McCullough termine sa chronique en disant que l’on ne devrait pas «traîner le pays tout entier pour cette randonnée tendancieuse» en associant sa vision du Québec avec le reste du pays. Il faudrait, selon lui, se concentrer sur le vrai problème: le Québec. 

Heureusement, tout le ROC ne partage pas l’avis du chroniqueur, à commencer par ses lecteurs qui ont dénoncé vivement ses propos dans la section commentaire :

«Honte au Washington Post d’avoir publié ceci»; «Pensez-y à deux fois avant d’utiliser une attaque horrible pour vous frotter les pieds sur le Québec»; « Votre article est une mauvaise tentative de politiser une maladie sociale qui affecte toutes les sociétés»; ont pesté tour à tour plusieurs internautes en colère.