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Retraites de rêve: l’alpiniste qui a «sauté dans le vide»

Il a abandonné son emploi dans le domaine de l’aviation pour vivre de sa passion

Gabriel Filippi est un passionné d’alpinisme.
Photo courtoisie, gabrielfilippi.com Gabriel Filippi est un passionné d’alpinisme.

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Gabriel Filippi rêvait des plus hauts sommets. Il travaillait dans les tours de contrôle jusqu’au jour où il a décidé de «sauter dans le vide».

Le Montréalais aujourd’hui âgé de 56 ans gérait le personnel des tours de contrôle. Il s’est promené aux quatre coins du Québec et même au Nunavut. «C’était un excellent milieu de travail, l’emploi me comblait, me satisfaisait», raconte l’homme originaire de Mégantic.

On lui avait promis un transfert à Montréal, où il espérait enfin vivre une vie de famille normale avec femme et enfants, mais son employeur a brisé cette promesse pour l’envoyer à 900 km de là, à Sept-Îles. Il n’en était pas question. «On tire la plogue, on va faire autre chose», raconte-t-il. C’était en quelque sorte une retraite forcée à 45 ans.»

Pas de plan précis

«Je me suis vraiment lancé dans le vide parce que, du jour au lendemain, je n’avais plus rien.» Au moment de démissionner, il n’avait pas d’idée précise de ce qu’il allait devenir. Et il n’était pas «indépendant de fortune».

M. Filippi est un passionné d’alpinisme. Il avait déjà escaladé l’Everest deux fois à l’époque. Cette idée de donner des conférences pour raconter ses aventures lui «trottait dans la tête depuis un bon moment». Il en a discuté avec sa tendre moitié. Elle a dit: «vas-y, lance-toi!’». C’est ce qu’il a fait.

Il a été recruté par le Bureau de conférenciers Orizon. Sa première conférence portait sur son expérience de l’Everest qu’il met en parallèle avec les petits et grands défis rencontrés en milieu de travail.

La montagne et le bureau

C’est devenu une spécialité: inspirer et motiver les employés avec les aventures inspirantes qu’il a vécues en montagne. «Le travail d’équipe, la résolution de conflits, surmonter des obstacles, atteindre ses objectifs, la santé et la sécurité, ce sont des thèmes qui sont intéressants en entreprise», explique M. Filippi.

Entre ses conférences, il continue d’escalader des montagnes. Il fait partie du groupe sélect de Canadiens qui ont atteint le sommet de l’Everest par les deux versants. «Ça nourrit mes conférences avec de nouvelles histoires.»

Même si sa nouvelle vie ressemble plus à des montagnes russes qu’à un long vol tranquille, avec des périodes très occupées et d’autres, très creuses, il ne regrette rien.

Ses trois expéditions coup de coeur

ALASKA

Gabriel Filippi est un passionné d’alpinisme.
Courtoisie gabrielfilippi.com

Le Denali, en Alaska. Il a atteint le sommet à 6190 mètres en autonomie totale. Il a passé quatre jours dans une grotte de neige sans sac de couchage, avec seulement deux jours de nourriture.

MONT BLANC

Le Mont Blanc. « Ma plus belle expérience humaine en montagne: amener un greffé du coeur au sommet (4800 m) en totale autonomie ».

MONT EVEREST

Gabriel Filippi est un passionné d’alpinisme.
Courtoisie gabrielfilippi.com

L’Everest. Il est allé cinq fois, mais en 2012, «j'ai pu vraiment apprécier le sommet en passant 2 heures sans oxygène à 8848 mètres d'altitude».