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La réponse du cœur

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C’est assez rare que ça mérite d’être souligné. Cette semaine, nos politiciens nous ont donné à toutes et à tous des raisons d’être fiers dans leur réponse à la tragédie de la mosquée de Sainte-Foy.

On avait besoin de ça. Nous sommes blessés et, quelque part, humiliés qu’un acte aussi odieux ait été perpétré contre un groupe vulnérable dans notre pays paisible.

Nos élus se devaient de transmettre ce sentiment et de le faire avec des mots qui consolent et qui apaisent. Les membres de la communauté musulmane ont également tenu des discours inspirants de mansuétude et de générosité.

Au-dessus de la mêlée

La fonction exécutive procure cette posture au chef du gouvernement. C’est Philippe Couillard qui avait la tâche de parler au nom de chacun d’entre nous.

Il n’a pas démérité, au contraire. Réputé froid et distant, notre premier ministre a fait montre d’une belle chaleur et d’une grande éloquence pour nommer notre douleur et saluer la participation admirable de milliers de citoyens à la vigile de lundi.

Comme peu de fois depuis son accession à la primature, on a senti que Philippe Couillard ne parlait pas que pour lui-même, son parti ou son gouvernement, mais bien pour tous les Québécois. Au-dessus de la mêlée, il habitait sa fonction.

Quant à Régis Labeaume, il a les défauts de ses qualités. On évoque souvent son caractère bouillant. Sa peine non dissimulée devant l’événement odieux de dimanche exprimait cette fois l’émotion que nous ressentions tous.

Reconnaître ses torts

Le seul couac est malheureusement venu du côté d’Amir Khadir. Viser des coupables alors qu’il est temps de consoler témoigne d’un troublant manque de jugement et de maturité.

François Legault et Jean-François Lisée étaient plus vulnérables cette semaine. Des déclarations passées et un certain passif au compte de leur parti quant à leurs relations avec la communauté arabomusulmane les forçaient à choisir soigneusement leurs mots.

Plus exposé, alors que son caucus se réunissait, le chef du Parti québécois s’est grandi en admettant en avoir déjà trop mis en manipulant les dossiers identitaires. Il a eu raison de rappeler qu’il fallait pouvoir continuer à discuter des questions liées à l’immigration, l’intégration et la laïcité, mais que le ton devait changer.

De tous les côtés.

Sans éclat de voix

La nuance compte souvent au nombre des victimes lorsque surviennent de tels événements. Entre les vociférations qu’on lit sur le web d’un côté et la police de la rectitude qui assimile tout discours d’affirmation à une forme de xénophobie de l’autre, il faut retrouver une troisième voie.

Cette semaine, ce que l’on a surtout vu, ce sont des Québécois de confession musulmane qui ont le Québec dans leur cœur et des milliers de citoyens qui ont ouvert le leur pour exprimer leur peine.

En nous parlant sans éclat de voix, comme l’ont fait nos politiciens cette semaine, nous bâtirons ensemble une société plus parfaite.