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Un sujet brûlant d’actualité

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La première production de la petite compagnie La Brute qui pleure tombe pile à un moment où les mots intégration, racisme et haine sont dans l’actualité. Froid aborde l’influence des pairs, le recours à la violence et l’origine des idéologies d’extrême droite.

À l’affiche à Premier Acte, à partir du 14 février, Froid, une pièce de l’auteur scandinave Lars Norén, raconte l’histoire de trois jeunes qui fêtent la fin de l’année scolaire. Ils s’amusent, boivent de la bière, font cuire des saucisses sur un barbecue portable et parlent aussi de tuer des «importés», de la pureté de la Suède et de la suprématie de la race blanche.

Le trio s’attaquera à un jeune homme d’origine asiatique, adopté par un couple suédois, qui passe dans le secteur. L’histoire est inspirée d’un fait divers survenu en Suède.

David Bouchard et Dayne Simard étudiaient au Conservatoire d’art dramatique de Québec, lorsqu’ils ont eu l’idée de monter cette pièce.

«Je me suis intéressé aux œuvres de Lars ­Norsén et Froid a attiré mon attention parce qu’il y avait des jeunes et en raison du sujet. Je trouvais que c’était une pièce palpitante avec quelque chose de provocant», a indiqué David Bouchard, lors d’un entretien.

Pertinence

Dayne Simard ajoute que Froid est devenu pertinent avec les discussions autour de la Charte des valeurs et la crise des réfugiéd ­syriens.

«Les arguments utilisés par les jeunes néonazis de Froid, pour défendre leurs propos, étaient des choses que j’entendais fréquemment dans la rue. On croyait, dès le départ, à la pertinence de présenter ce texte», a-t-il fait remarquer.

David Bouchard et Dayne Simard étaient loin de croire à ce moment qu’une fusillade était pour se produire dans une mosquée de Québec.

«On a senti une sorte de malaise. C’est comme si, tout d’un coup, le sujet de notre pièce ­devenait trop actuel. On a freiné tout ce qui était promotion, parce qu’on ne voulait pas avoir l’air d’être opportuniste. Un de nos buts, avec Froid, était de démontrer que le sujet de ce texte était d’actualité. Cette tragédie amène un tout autre sens à notre pièce», a laissé tomber David Bouchard.

Le comédien et cofondateur de la compagnie La Brute qui pleure souhaite que Froid amène des discussions et une réflexion.

«Est-ce qu’on a une responsabilité? Est-ce qu’on sème ça d’une certaine façon dans notre façon d’être? Je pense que les discussions qui vont découler du spectacle vont être très ­intéressantes», a-t-il indiqué.

► Froid est présenté du 14 février au 4 mars, du mardi au samedi, à Premier Acte.