/news/politics
Navigation

Martine Ouellet veut porter les deux chapeaux

Sa décision de garder son siège à Québec si elle est élue au Bloc est mal perçue

Martine Ouellet quitte le caucus du Parti québécois pour devenir députée indépendante et se lancer dans la course à chefferie du Bloc québécois.
Photo Joël Lemay, Agence QMI Martine Ouellet quitte le caucus du Parti québécois pour devenir députée indépendante et se lancer dans la course à chefferie du Bloc québécois.

Coup d'oeil sur cet article

Martine Ouellet restera députée à l’Assemblée nationale à Québec si elle est élue chef du Bloc québécois à Ottawa, malgré la perception négative que ça engendrera.

«Ce sera un avantage d’avoir un pied au Québec et au Canada», pense Mme Ouellet, qui a confirmé dimanche qu’elle briguera la chefferie du Bloc québécois.

La députée de Vachon rappelle avoir obtenu le feu vert du Commissaire à l’éthique, qui en décembre dernier a indiqué que rien n’interdit le cumul de ces deux fonctions. Celui-ci soulevait tout de même que cela posait un problème de perception.

«Il n’y a pas du tout d’incompatibilité. Je ne vais pas être députée au Parlement en même temps que je suis à l’Assemblée nationale puisqu’on n’est pas en période électorale», dit Mme Ouellet.

Nouveau souffle

La députée de Vachon en Montérégie, qui avait mordu la poussière à deux reprises au Parti québécois en tentant de devenir chef, est convaincue qu’à la tête du Bloc, elle arrivera à faire du Québec un pays.

Dévasté en 2011 par la vague orange du Nouveau Parti démocratique (NPD), le Bloc s’était retrouvé avec seulement quatre candidats.

Le chef de l’époque, Gilles Duceppe, s’était retiré momentanément pour finalement revenir et tenter de relever le parti aux élections de 2015.

Défait, il a officiellement quitté la tête du Bloc en octobre 2015 alors que 10 candidats ont réussi à être élus. Depuis, la chefferie intérimaire est assurée par le député de Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin.

Indépendante

Mme Ouellet se retire du caucus du Parti québécois et devient députée indépendante.

«Bonne chance à notre collègue Martine et aux autres candidats potentiels», a écrit le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, sur Twitter.

La décision de Mme Ouellet ne fait toutefois pas l’unanimité. L’ancien chef bloquiste Gilles Duceppe avait mis en garde la députée.

«Elle va nuire au mouvement en essayant d’être à deux endroits en même temps», avait-il souligné.

La Coalition Avenir Québec estime que la députée devrait plutôt se retirer.

«Bien content que Martine Ouellet ait enfin fait son choix, mais dommage pour les citoyens de Vachon. Une députée à temps partiel pour eux», a commenté le député caquiste François Bonnardel sur Twitter.

Québec solidaire voit mal comment Mme Ouellet pourra concilier ses deux rôles.

«Jusqu’au 22 avril, ça devrait aller, mais après la course, je vois difficilement comment elle pourra se consacrer aux deux endroits», dit le député Amir Khadir.

Le nom du nouveau chef du Bloc québécois sera connu le 22 avril.

Jusqu’à présent un seul autre candidat, Félix Pinel, a manifesté son intérêt de briguer la chefferie.

M. Pinel, qui s’est déjà présenté pour le Bloc québécois dans la circonscription de Rivière-des-Mille-Îles, compte lui aussi mener une course.

- Avec la collaboration de TVA Nouvelles

Qui est Martine Ouellet?

  • Députée de Vachon depuis le 5 juillet 2010, lors d’élections partielles
  • Porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et de communications, en matière de politique et d’économie numérique et de commerce électronique, ainsi que pour l’industrie du taxi
  • Née à Longueuil, elle est mère de 2 enfants
  • Elle possède un baccalauréat en génie mécanique de l’Université McGill et une maîtrise en administration des affaires (M.B.A.) de l’École des hautes études commerciales (1998)