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Il joue au golf tous les jours

La passion de Jean Smith pour ce sport s’est accrue depuis qu’il a pris sa retraite

Jean Smith, retraites de rêve
Photo Ben Pelosse

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Le dimanche, Jean Smith ne va pas à l’église. Il joue son 18-trous. Comme tous les autres jours de la semaine, d’ailleurs. Depuis qu’il a pris sa retraite, il joue plus de 225 parties de golf par année, hiver comme été, beau temps mauvais temps.

«Il n’y a rien pour m’empêcher d’aller jouer au golf. C’est sacré», lance le retraité­­ de 75 ans, d’un ton assuré.

Le golf est plus qu’une passion pour Jean Smith: c’est un mode de vie.

«Même la pluie ne l’arrête pas. Il y a juste les orages qui l’empêchent de jouer et c’est parce qu’il n’a pas le choix!» renchérit sa conjointe Carmen Joyal, qu’il a rencontrée sur un terrain de golf il y a 40 ans.

«Ça prendrait une tornade pour l’arrêter», ajoute le professionnel de golf Bruno Chicoine, qui est aussi directeur du Club de golf Saint-Hyacinthe, où M. Smith joue depuis 2010.

Celui que ses partenaires de jeu connaissent sous le nom de «John» a commencé à frapper des balles dans un champ de pratique de la Montérégie à l’âge de 14-15 ans.

«J’en ai frappé pas mal... Comme tu ne peux pas t’imaginer», laisse-t-il tomber.

Il a mis les pieds pour la première fois sur un «vrai terrain» à l’âge de 23 ans. Talentueux de nature, il a joué avec les meilleurs – dans la classe A – dès la première année.

À cette époque, il jouait environ trois fois par semaine: les week-ends et une fois en semaine, s’il réussissait à s’éclipser du travail plus tôt.

Depuis qu’il a pris sa retraite, celui qui a œuvré comme courtier dans le domaine de l’alimentation pendant quatre décennies a fait du golf son «sport de tous les jours».

M. Smith pose avec son partenaire de jeu à Victoria, en Colom­bie-Britannique, lors de la finale canadien­ne de la Coupe Audi Quattro en 2011.
photo courtoisie
M. Smith pose avec son partenaire de jeu à Victoria, en Colom­bie-Britannique, lors de la finale canadien­ne de la Coupe Audi Quattro en 2011.

Mitaines pour jouer

La saison de golf de Jean Smith commence à la mi-avril et se termine à la mi-novembre­­. «Rendu là, je mets des mitaines entre les trous», plaisante le
retraité.

Il détient le record d’assiduité du Club de golf Saint-Hyacinthe: il fait près de 175 départs chaque année sur ce seul terrain.

«Ce n’est pas compliqué, c’est comme sa maison», illustre le directeur Bruno Chicoine.

Jean Smith prend de petites vacances du golf en décembre et janvier. Pendant cette période, il joue dans une ligue de croquet. «Ça aussi, c’est sept jours sur sept», note-t-il.

19e trou

En février et mars, il se rend dans le sud des États-Unis, généralement en Floride, pour jouer au golf. Sa conjointe ne l’accompagne même pas, car il joue tous les jours.

«Je ne veux pas y aller. Je ne joue plus au golf. Et je suis bien ici, je fais mes choses», dit Mme Joyal, qui a développé une passion pour les antiquités.

S’il vit déjà sa retraite de rêve, Jean Smith espère qu’elle se poursuivra jusqu’à ses 90 ans.

«Ça me tient en forme. Et j’ai encore des performances à faire», explique­­-t-il.

«Et j’aime bien le 19e trou aussi!» conclut-il, faisant référence au moment où il prend une bière avec ses partenaires après sa partie quotidienne.

► Le conseil de Jean Smith pour avoir une belle retraite: «Faire beaucoup d’exercice pour garder la forme. Tout le monde peut s’adonner au golf, mais c’est encore plus le fun quand on performe bien. ­Il faut “groover son swing”!»

Durant les années 1970, Jean Smith a réussi quatre trous d’un coup durant la même saison au terrain La Providence. On le voit ici en présence du professionnel de l’époque Jean-Guy Renaud.
photo Courtoisie
Durant les années 1970, Jean Smith a réussi quatre trous d’un coup durant la même saison au terrain La Providence. On le voit ici en présence du professionnel de l’époque Jean-Guy Renaud.

Jean Smith, 75 ans :

  • Joue au golf depuis 52 ans
  • Il a joué 223 parties en 2016
  • Son meilleur pointage à vie: 65
  • Il a joué un pointage de 66 l’an dernier. «C’est huit de moins que mon âge. Jamais personne n’a fait ça au club», affirme Jean Smith.
  • Il a réalisé 17 trous d’un coup dans sa carrière. «Et je cours après mon 18e», dit-il en riant.
  • Il a réussi un Albatros, soit trois coups de moins que la normale d’un trou.
  • Il a joué sur plus de 400 terrains différents, au Québec, au Cana­da et aux États-Unis
  • Il a déjà battu l’ex-joueur du Canadien Yvan Cournoyer. «Il m’a donné un 2 $ signé avec son numéro», dit fièrement le septuagénaire.
  • Son rêve: jouer au club privé Augusta, en Georgie, où a lieu le Masters, chaque année