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Isabelle Charest épaulera les athlètes canadiens

L’ex-patineuse de vitesse sera chef de mission dans deux ans en Corée du Sud

Isabelle Charest sera chef de mission aux Jeux olympiques de 2018 à Pyeongchang.
Photo Chantal Poirier Isabelle Charest sera chef de mission aux Jeux olympiques de 2018 à Pyeongchang.

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Huit ans après sa grande amie et mentor Nathalie Lambert, Isabelle Charest agira à son tour comme chef de mission de la délégation olympique canadienne.

Le Comité olympique canadien (COC) a annoncé la nomination de l’ancienne patineuse de vitesse courte piste lundi, à un an et trois jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de ­Pyeongchang.

Lambert était aussi à la Maison ­olympique lundi. Elle a participé à la présentation de son ancienne coéquipière. À quelques occasions durant la cérémonie, on a senti les deux ex-patineuses fort émues.

«C’est avec beaucoup d’humilité que j’accepte ce rôle de chef de mission, a souri Charest. Je suis consciente qu’avant moi, ce sont de très grands athlètes et de très grands olympiens qui ont rempli ce mandat.

«L’une de ces personnes est Nathalie Lambert, chef de mission aux Jeux de Vancouver, a poursuivi avec émotion la femme de 46 ans. Nathalie a eu un impact inestimable sur ma carrière d’athlète, mais aussi sur ma vie de femme.»

Détentrice de trois médailles olympiques au relais 3000 mètres (l’argent à Lillehammer, le bronze à Nagano et à Salt Lake City), Charest a aussi remporté trois Championnats du monde au cours des années 1990.

À Rio l’été dernier, elle avait agi comme adjointe au chef de mission Curt Harnett, venu en relève à Jean-Luc Brassard.

La Rimouskoise d’origine ne cache pas qu’elle a eu la piqûre pour le rôle et que son expérience lui a donné envie de le jouer à l’échelon supérieur.

«Les délibérations ont été dures, a déclaré Tricia Smith, la présidente du COC. Nous avions plusieurs candidats exceptionnels. Ce sont tous des leaders, des médaillés olympiques. Mais ­finalement, le choix a été unanime.»

« joueuse d’équipe »

Tant Smith que Lambert ont vanté les qualités de rassembleuse de Charest, une «joueuse d’équipe».

Un atout considérable pour une femme dont le rôle en sera à la fois un de leader de l’équipe canadienne et de porte-parole de la délégation.

Pour imager les forces de «sa bonne chum», Lambert a évoqué ses souvenirs de Lillehammer et de Nagano. Chaque fois, les deux filles avaient vécu des déceptions sur la piste tôt dans les Jeux.

«C’est quelqu’un qui est capable de rebondir assez facilement, et aussi de trouver les bons mots dans des situations dramatiques», a relevé Lambert.

Préparation

Charest croit aussi que cette expérience acquise dans une discipline où la moindre petite erreur peut vous priver d’un podium l’aidera à épauler la ­délégation canadienne en Corée du Sud.

Si les Jeux olympiques représentent l’objectif d’une vie pour la majorité des athlètes, même les plus performants ne sont pas à l’abri d’une déconfiture qui gâchera leur grand moment.

Et cela, Charest le sait. Elle l’a vécu.

«Mon expérience m’aide à mettre les choses en perspective et à mettre l’accent sur la préparation plus que sur le résultat. Parce que le résultat, c’est quelque chose sur quoi on n’a aucun contrôle», a expliqué la nouvelle chef de mission.

Comme son « troisième enfant »

Maman de deux enfants, Noah et Élie, et conjointe de l’ancien footballeur Steve Charbonnau, Isabelle Charest a souligné lundi le soutien que lui témoigne sa petite famille dans cette nouvelle aventure.

Elle a également remercié son employeur, la Commission scolaire du Val-des-Cerfs de Granby, pour «son appui» et la «latitude» qui lui est ­accordée dans la gestion de son ­horaire.

Car l’année qui s’en vient sera chargée pour l’ex-patineuse de vitesse. Le rôle de chef de mission ne commence pas une fois la flamme olympique allumée. Dans les prochains mois, Charest assistera au dévoilement des différentes équipes qui composeront la délégation ­canadienne.

Elle cherchera aussi à développer des liens avec les athlètes, à les voir en compétition.

À cela s’ajoute bien sûr le mois qu’elle passera en Corée du Sud. Un mois au cours duquel les nuits seront très courtes, lui a assuré son amie Nathalie Lambert.

«Ça va un peu devenir mon ­troisième enfant», a imagé Charest.

Approche rassembleuse

Charest compte s’inspirer du travail effectué à Rio et y aller d’une approche rassembleuse envers tous ceux qui feront partie de la délégation canadienne, qu’ils soient athlètes ou non.

«On veut beaucoup soutenir les athlètes, mais il faut aussi encourager ceux qui encadrent les athlètes, car ils ont un impact sur leurs ­performances», a-t-elle souligné.

L’ancienne athlète a hâte de renouer avec la frénésie des Jeux. Pour elle, cette nomination est la manière de redonner à tous ceux qui l’ont épaulée au cours de sa carrière et dans les autres aspects de sa vie.

«J’ai été chanceuse d’avoir eu des gens qui étaient toujours là pour moi, a expliqué la chef de mission. J’ai l’impression que je peux aussi avoir ce rôle de soutien pour un athlète ou une équipe. Je veux contribuer à ma façon.»

Charest n’a pas évoqué un objectif de médailles pour le pays. À un peu plus d’un an des Jeux, c’est trop tôt. Mais elle estime que le Canada ­rivalisera avec les meilleures ­nations.

«On le voit avec tous les podiums qu’on obtient aux championnats du monde et en Coupe du monde», a-t-elle soulevé.