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Salaire des détenus : Ils se basent sur le salaire minimum

Ils veulent qu’on double leur salaire actuel

Me Rita Magloé Francis représente un regroupement de détenus qui veulent forcer le gouvernement fédéral à augmenter leur salaire, qui n’a pas changé depuis 1981.
Photo Chantal Poirier Me Rita Magloé Francis représente un regroupement de détenus qui veulent forcer le gouvernement fédéral à augmenter leur salaire, qui n’a pas changé depuis 1981.

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Les détenus qui veulent forcer le gouvernement fédéral à doubler leur paye au pénitencier se basent sur le salaire minimum qui, contrairement au leur, n’a pas cessé d’augmenter.

«Il y a toujours eu un lien entre les deux, pour que la rétribution des détenus soit équitable, il faut faire le jeu de comparaison avec le salaire minimum», a plaidé lundi Me Rita Magloé Francis, qui représente le regroupement de détenus.

Jusqu’à demain, l’avocate et ses collègues plaideront à la Cour fédérale de Montréal dans le but d’obtenir un jugement qui forcerait le gouvernement canadien à réviser les salaires des détenus qui purgent une peine de plus de deux années d’incarcération.

Déductions

À l’heure actuelle, un détenu fédéral gagne entre 5,25 $ et 6,90 $ par jour, soit le même salaire qu’en 1981. Le coût d’une «cantine type», soit des objets non essentiels, a pour sa part explosé de plus de 725 %.

«À l’époque, l’objectif était de cesser le travail forcé dans les pénitenciers, le montant avait été décidé en lien avec le salaire minimum, a expliqué Me Magloé Francis. C’était raisonnable, le gouvernement avait bien fait ses devoirs.»

Mais 30 % de ce salaire est maintenant déduit automatiquement afin de couvrir les frais d’hébergement, de nourriture et du système téléphonique, a plaidé l’avocate au juge Yvan Roy.

«Il faut aussi ajouter les retenues pour les dettes envers l’État», a ajouté l’avocate, qui rappelle l’existence d’une «suramende» de 200 $ pour chaque chef d’accusation pour lequel un criminel est reconnu coupable.

L’avocate a également plaidé que la rémunération des détenus avait pour but de «ressembler le plus possible» au travail à l’extérieur des murs.

«L’objectif était de les responsabiliser, c’est important de comprendre cette philosophie, a poursuivi l’avocate. Il y a toujours eu la volonté de comparer le salaire des détenus à celui des travailleurs cana­diens.»

Opposition

L’État, de son côté, s’oppose à la demande des détenus. Ses avocats plaideront à partir d’aujourd’hui, mais dans le dossier de cour, ils ont d’ores et déjà indiqué que, selon eux, tout est conforme à la loi.

Les détenus fédéraux ont accès à tous les services essentiels, ce qui coûte plus de 115 000 $ par prisonnier annuellement. Avec plus de 14 600 personnes incarcérées dans les pénitenciers, un simple calcul permet de constater que l’État dépense au-delà de 1,6 milliard $ par année pour prendre en charge ces prisonniers.

Aux États-Unis, le salaire des détenus varie selon les États. En Californie, un prisonnier est payé entre 3 $ et 14 $ par semaine tandis qu’au Texas les prisonniers peuvent tout simplement ne pas être payés.

 

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