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Ils apprennent à écrire en maternelle

Les élèves de l’Institut Saint-Joseph, à Québec, savent aussi lire plusieurs mots avant la première année

À l’Institut Saint-Joseph, à Québec, les élèves de la classe de maternelle de Julie Anne font régulièrement des exercices d’écriture. On les voit ici en compagnie de l'orthopédagogue Anne-Marie Quimper, de l'École oraliste de Québec.
Photo Didier Debusschère À l’Institut Saint-Joseph, à Québec, les élèves de la classe de maternelle de Julie Anne font régulièrement des exercices d’écriture. On les voit ici en compagnie de l'orthopédagogue Anne-Marie Quimper, de l'École oraliste de Québec.

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Dans une école primaire de Québec, des élèves de maternelle apprennent très tôt à manier le crayon si bien qu’ils parviennent à lire et à écrire plusieurs mots avant leur arrivée en première année.

Dans la classe de Mme Julie Anne, les élèves du préscolaire sont sagement assis à leur table pour un exercice d’écriture sur le thème de la Saint-Valentin. Sur les lignes blanches, ils doivent écrire les mots qui correspondent aux images: chocolat, Cupidon, amoureux, fleur... autant de mots que plusieurs enfants parviennent à écrire.

Depuis le début de l’année, ils se sont familiarisés avec les lettres, non pas par un enseignement formel mais plutôt grâce à plusieurs jeux par lesquels ils ont appris à reconnaître les lettres et le son qu’elles produisent.

«Dans le plaisir»

«L’écriture fait déjà partie du quotidien des enfants. On veut amener l’enfant naturellement, dans le plaisir, à prendre le crayon pour qu’il commence lui-même à écrire», explique l’orthopédagogue Anne-Marie Quimper, qui est chargé de ce projet à l’Institut Saint-Joseph, une école primaire privée de Québec.

Il n’est donc pas question de leur apprendre à écrire comme ils le feront en première année, mais plutôt de les amener à manier le crayon par plaisir, peu importe si le mot est mal orthographié. L’important est qu’ils commencent à jouer avec les sons des lettres, ce qui leur permettra aussi d’apprendre à lire en même temps, explique Mme Quimper.

Ce projet est mené en collaboration avec Pauline Sirois, professeure à l’Université Laval et cofondatrice de l’École oraliste de Québec pour enfants malentendants ou sourds. Cette approche a déjà fait ses preuves auprès d’eux. Guylaine Feuiltault, la directrice de l’Institut Saint-Joseph qui est situé juste à côté de l’école oraliste, a été impressionnée par ces résultats. Elle a commencé à utiliser cette approche avec ses élèves de maternelle à l’automne 2015, en collaboration avec l’école voisine.

Impressionnée

Kathy Talbot, qui enseigne en première année, a été étonnée de constater à quel point les élèves étaient avancés en écriture en début d’année scolaire. «Dès la première semaine d’école, presque tous les élèves pouvaient écrire des phrases complètes» pour raconter ce qu’ils avaient fait pendant les vacances d’été, dit-elle.

Apprendre à écrire dès la maternelle aiderait à prévenir le décrochage scolaire

  • Des projets pilotes sur l’écriture en maternelle existent dans d’autres écoles publiques à travers la province.
  • Selon une récente étude réalisée par Marie-France Morin, professeure de l’Université de Sherbrooke, auprès de 250 enfants de la maternelle, les exercices d’écriture dès le préscolaire permettent d’améliorer les résultats des élèves de première année et de réduire de moitié le nombre d’élèves à risque.
  • Faire écrire les élèves le plus tôt possible sur les bancs d’école permettrait ainsi, selon cette étude, de prévenir le décrochage scolaire.