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Liberté d’expression?

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On le répète depuis quelques jours: la liber­té d’expression peut entraîner bien des débordements. Évidemment.

La chose est particulièrement vraie sur les médias sociaux, où tous les excès sont permis. On voit des gens en appeler au meurtre. On en voit d’autres se réjouir d’assassinats.

C’est naturellement inacceptable. Tout comme l’est la diffamation, dont aucun camp n’a le monopole.

Balises

Faut-il alors des balises à la liberté d’expression? Oui. Une société de liberté n’est pas une société anarchique.

Mais au nom de ces excès à proscrire, on sent bien, depuis le massacre de Québec, que certains veulent agrandir le territoire des interdictions.

Au nom des horreurs qu’on peut lire sur Facebook, ils veulent interdire, directement ou indirectement, l’expression de pensées qu’ils réprouvent ou qui les choquent.

En gros, ils veulent élargir le domaine de la censure. Ils instrumentalisent le carnage pour faire taire leurs adversaires. On doit leur poser certaines questions pour savoir exactement jusqu’où ils veulent aller.

Est-ce qu’il faudra désormais interdire la critique de l’islam?

Si oui, doit-on aussi interdire la critique du catholicisme, du protestantisme ou du bouddhisme?

Pourquoi une religion en particulier serait-elle mise à l’abri de la critique et protégée contre sa remise en question?

Doit-on interdire la critique de l’immigration massive? Doit-on chasser du débat public ceux qui ne croient pas qu’il s’agisse d’une bonne idée et qui veulent réduire les seuils d’immigration? Doit-on interdire la critique du multiculturalisme? Faudra-t-il désormais dire obligatoirement que la diversité est une richesse et punir ceux qui voudraient examiner l’hypothèse contraire?

Interdire

Doit-on interdire la critique du féminisme? Peut-on dire que l’identité québécoise est menacée?

On pourrait longtemps allonger cette liste de questions. J’en ajouterai une dernière. Qui décidera des opinions autorisées et de celles qui ne le seront plus? Qui décidera de ce qu’on peut dire ou de ce qu’on ne peut plus dire?

J’aimerais le savoir.