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Une source de diversion pour la Caisse

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La Caisse de dépôt et placement du Québec risque fort de se mettre dans le trouble avec «son» REM (Réseau électrique métropolitain), dont le coût initialement projeté est de 5,5 milliards de dollars. La Caisse doit allonger 3 milliards dans cet ambitieux projet.

La job des gestionnaires de la Caisse, c’est de faire fructifier le bas de laine des Québécois en optimisant ses placements.

Or, en se lançant tête première dans le REM, en tant qu’investisseur, constructeur et opérateur, la direction de la Caisse va devoir déployer le gros de ses énergies à défendre constamment son projet dans toutes les étapes de sa réalisation. Et rien ne garantit évidemment que le fameux projet s’avérera rentable pour notre bas de laine. Loin de là.

Entendons-nous bien. Je ne suis pas contre le projet de REM. Je suis réticent à ce qu’il soit réalisé par la Caisse. Ce n’est pas son mandat de devenir opérateur d’un réseau de transport.

PROBLÈMES

En confiant la réalisation du REM à la Caisse, le gouvernement Couillard lui rend un mauvais service. Le REM sera une source intarissable de problèmes dans toutes les phases allant de la conception à l’opération, en passant par la construction.

Le projet n’en est qu’à ses débuts et il fait déjà l’objet d’une tonne de controverses et de questionnements. Pensons seulement au rapport hautement critique du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Le premier ministre Philippe Couillard a beau dire que le projet se réalisera selon l’échéancier prévu, je vois mal comment son gouvernement, même s’il est notamment appuyé par les gens d’affaires et le maire Denis Coderre, pourrait faire fi des sérieuses réserves émises par le BAPE au sujet du financement, de la rentabilité, de l’achalandage du futur REM, de l’impact sur l’aménagement du territoire et sur les réseaux de transport existants, etc.

CONFIANCE

Bien entendu, les dirigeants de la Caisse ont confiance, eux, dans leur capacité à mener le projet à terme. Dans une entrevue accordée à mon confrère Pierre Couture, le nº 2 de la Caisse, Roland Lescure, affirme que la Caisse a développé une expertise pour des projets «qui partent de zéro et qu’il faut construire et opérer» comme celui du REM. Et cela donnerait, dit-il, à la Caisse un net avantage sur les autres caisses de retraite qui cherchent à investir dans les infrastructures.

Le problème avec le REM? La Caisse ne pourra jamais s’en défaire, comme placement. Elle sera constamment sur la défensive, étant sujette à la critique de tout un chacun. Pour le service. Pour les tarifs. Pour le rendement.