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Elle se sent coupable de la mort de son bébé après un accident

Une mère a perdu le contrôle de sa voiture et sa fille de cinq semaines est décédée

Stéphanie Latulippe embrasse tous les soirs la photo de sa fille, Ashley, avant d'aller au lit.
Photo courtoisie Stéphanie Latulippe embrasse tous les soirs la photo de sa fille, Ashley, avant d'aller au lit.

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THETFORD MINES | Une mère de 25 ans qui a causé un accident en perdant le contrôle de sa voiture, peine à se remettre de la tragédie qui a coûté la vie à sa petite fille de cinq semaines.

Comme elle en avait l’habitude, Stéphanie Latulippe est allée chercher sa fille Ashley à la garderie le 11 janvier après être allée faire du patin artistique. Sur le chemin du retour, elle a perdu le contrôle de sa voiture dans une courbe de la route 112 à Weedon en Estrie. Elle a alors frappé de plein fouet une autre voiture conduite par un homme de 72 ans.

Elle s’est réveillée à l’hôpital. Elle se rappelle s’être tournée vers la droite et quelqu’un a alors annoncé à son conjoint que sa fille était décédée. «À ce moment, j’ai vu mon chum s’effondrer», a-t-elle raconté.

Depuis, Stéphanie Latulippe vit avec un sentiment de culpabilité. Elle avoue avoir de la difficulté à dormir et fait des crises de panique. Elle donnerait n’importe quoi pour revenir en arrière et pouvoir à nouveau serrer sa petite Ashley dans ses bras.

Mme Latulippe est déterminée à avoir d’autres enfants, elle qui souhaite une grande famille. Elle s’efforce de rester la plus forte possible pour Lily-Rose, la grande sœur d’Ashley âgée de trois ans.

«J’ai craqué une fois, aux funérailles lorsqu’ils ont fermé le cercueil. J’ai réalisé que c’était la dernière fois que je la voyais. C’était difficile.»

La route 112 à Weedon en Estrie était glacée au moment de la collision.
Photo d’archives
La route 112 à Weedon en Estrie était glacée au moment de la collision.

Blessures et tristesse

Mme Latulippe a subi un traumatisme crânien. Elle souffre de multiples fractures aux jambes et au bassin.

Elle habite aujourd’hui dans une résidence pour aînés parce que son état de santé ne lui permet pas de rentrer à la maison.

Sur sa table de chevet, elle a déposé le portrait de sa fille, Ashley, à qui elle parle tous les soirs en s’endormant. «Je lui dis toujours bonne nuit et je lui donne son bec», a-t-elle dit.

La mère de famille se console en se disant qu’elle a «au moins profité d’un Noël» avec son enfant.

Selon elle, son conjoint, Yanick Grondin, ne lui en veut pas. «Au contraire, il remercie le ciel de ne pas m’avoir perdue moi aussi», a-t-elle dit.

Il a cependant eu beaucoup de mal à accepter la mort de l’enfant. «Il a fait enlever la bassinette et a mis toutes les affaires d’Ashley dans le garde-robe pour ne pas les voir», a-t-elle avoué.

Une pensée pour l’autre victime

Tenaillée par les remords, Mme Latulippe s’est rendue dans la chambre d’hôpital de l’homme qui se trouvait dans la voiture qu’elle a percutée.

«Je devais savoir comment il se portait. Oui, je me sens coupable, mais je voulais lui dire que j’étais désolée et que ce n’était pas sa faute», a-t-elle raconté.

Ils veulent faire changer la courbe jugée dangereuse

En cinq ans, une dizaine d’accidents sont survenus dans la même courbe de la route 112 où la petite Ashley Grondin, âgée à peine de cinq semaines, a perdu la vie le 11 janvier dernier.

Depuis la tragédie, la conjointe de Robert Caron, 72 ans, qui conduisait l’autre voiture impliquée dans la collision, se bat pour faire reconfigurer les courbes de la route 112, qu’elle juge trop dangereuses.

Christiane Vallières multiplie les appels au ministère des Transports pour faire modifier le tracé de la route.

Elle a eu peur

Mme Vallières a vu son amoureux être heurté dans la courbe par la voiture de Stéphanie Latulippe. Elle précédait son conjoint sur la route 112 lorsque la collision est survenue.

«J’ai vu son camion faire des tonneaux, j’ai tellement eu peur», a-t-elle raconté.

M. Caron a passé une douzaine de jours à l’hôpital. Il a subi plusieurs fractures et une hémorragie aux poumons.

Même si ce n’est pas sa voiture qui a dérapé, M. Caron se sent tout de même coupable. «Tout de passe si vite, je pensais mourir. Ça a fessé fort. Je n’étais plus capable de sortir du camion et il y avait de la boucane, j’ai eu peur», a-t-il avoué encore grandement ébranlé par la tragédie.

De l’aide

Robert Caron devra repasser un examen de conduite, mais il estime être très loin de pouvoir et de vouloir reprendre le volant.

Il envisage également de consulter un spécialiste pour l’aider à traverser cette période difficile.

Il pense souvent à l’enfant qui a perdu la vie. «Il faut que le gouvernement refasse la route, il va arriver d’autres accidents. Ce n’est pas le premier et pas le dernier», a-t-il lancé.

Le ministère des Transports attend les rapports des policiers et du coroner avant de se prononcer sur la question.