/opinion/columnists
Navigation

Le Québec figé

Coup d'oeil sur cet article

Le Parti québécois serait donc «figé et vieillissant»? À l’image du Québec, quoi.

Figé dans une social-démocratie modèle années 1970, alors que les pays scandinaves, maîtres en la matière, ont rajeuni la leur il y a longtemps.

Figé dans les mêmes querelles. Quiconque revient au Québec après une absence prolongée a l’impression, en lisant les journaux, de n’être jamais parti.

Figé dans une identité en porte à faux avec l’accélération de l’immigration. Les nouveaux arrivés ne vont pas disparaître pour satisfaire les nostalgiques d’un Québec blanc, chrétien et rural. Avec le temps, ils vont se fondre dans le grand «Nous». Promis.

Prenons le voile, on peut ne pas aimer cela, il va falloir faire avec. Nos enfants ne voient même pas les différences culturelles qui nous gardent réveillés la nuit. Nous oublions, tenaillés par nos angoisses, que l’avenir du Québec leur appartient. Ils en feront bien ce qui leur conviendra.

Ainsi va la vie

Figés dans notre peur de disparaître. Figés par la peur d’un retour de la religion. Il serait temps qu’on cesse d’utiliser les curés comme pare-feu contre la diversité. Leur pouvoir s’est effrité il y a un demi-siècle, mais le crucifix de l’Assemblée nationale est toujours là.

Politiquement, presque tout est figé: Québec solidaire dans les années 1960, les libéraux dans leur gloire d’antan, le Parti québécois dans la mythologie de sa toute-puissance. Un PQ figé parce que l’âge de ses militants l’emprisonne dans un passé victimaire.

Et quand Lisée veut parler aux Anglos, ils lui rappellent que Gérald Godin a échoué... il y a un quart de siècle.

La CAQ essaie, parfois maladroitement, d’amener le Québec à jeter ses vieilles chaussettes trouées, à dépendre moins de l’État, mais nous préférons réélire les vieux partis et leurs vieilles promesses.

Croire que tout allait mieux «dans notre temps» est une façon de rendre la vieillesse tolérable. Sauf que nous sommes aujourd’hui. Il faut y être aussi.

Pour terminer, jeudi dernier, j’exigeais des excuses de La Presse + pour avoir utilisé neuf secondes d’une entrevue de 18 minutes à Radio X en 2015 qui aurait pu laisser croire que je suis «islamophobe».

Des excuses m’ont été offertes dans le journal d’hier, excuses que j’accepte sans hésitation. Dossier clos.

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.