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Où sont les femmes?

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Pendant deux ans, la grosse controverse aux Oscars portait sur le fait que les artistes sélectionnés étaient trop blancs. C’était le règne du mot-clic #oscarssowhite.

Mais savez-vous quelle est la controverse qui plane sur les Oscars de 2017? C’est le motclic #oscarssomale.

Après le «trop de Blancs», voici le «trop de mâles». Il y a même des commentateurs qui proposent qu’on fasse des catégories hommes et des catégories femmes, pour tous les métiers, et pas seulement pour les comédiens.

Au risque de me faire lancer un panier de tomates par les féministes, je trouve cette idée complètement farfelue.

LA PARITÉ À TOUT PRIX

À part les catégories de comédiens (qui sont 50-50), il n’y aurait pas assez de sélectionnés femmes: seulement 20 % contre 80 % qui sont des hommes.

Si les Oscars sont trop mâles, est-ce que ça veut dire que Denis Villeneuve prend la place d’une femme dans la catégorie meilleure réalisation?

Si des tonnes de films réalisés par des femmes étaient sorties en 2016 et que ces films, absolument renversants, étaient snobés par les Oscars, on pourrait crier au scandale.

Mais il ne faut pas systématiquement voir du sexisme là où il n’y en a pas.

En 2015, Ava DuVernay n’avait pas été mise en nomination comme réalisatrice pour son film Selma. Tout le monde a crié au scandale: «Elle a été snobée parce que c’est une femme!» Et ceux qui ont osé dire que c’était peut-être simplement parce que son film n’était pas si merveilleux que ça se sont fait traiter de vieux machos au solde du patriarcat.

Ce qui m’agace avec ce genre de controverse, c’est qu’on empêche toute forme de critique. Dès qu’une femme est écartée d’une catégorie, c’est du sexisme!

On peut avoir la parité en politique, comme l’a fait Jean Charest en 2007 et comme Justin Trudeau l’a fait «parce qu’on est en 2016». Mais dans le domaine artistique, on ne peut pas fixer de quotas sur la création.

Pourtant, chez nous, l’ONF s’est engagé «à produire des œuvres réalisées pour moitié par des femmes». Et Téléfilm Canada se donne jusqu’à 2020 pour atteindre la parité hommes-femmes: «à qualité égale ou comparable» on favorise les projets des femmes.

Récemment, je suis allée voir Nelly, réalisé par Anne Émond, inspiré de la vie et de l’œuvre de Nelly Arcan. Et je me suis profondément emmerdée. Ce film est réalisé de façon terriblement académique et conventionnelle. La réalisatrice n’a pas une vraie «signature» cinématographique alors que l’auteur Arcan, elle, avait une vraie «signature» littéraire.

Ô scandale: une femme n’a pas aimé un film réalisé par une femme au sujet d’une femme.

Hé oui, que voulez-vous. Quand je regarde un film, je me fous de savoir quel est le sexe de celui ou celle qui l’a réalisé.

HOMME-FEMME, MODE D’EMPLOI

Vous connaissez le film The Matrix? Ce film a été réalisé par les frères Wachowski. Depuis, ces deux frères sont devenus... deux sœurs, des femmes transgenres.

Quand il y aura au Québec un ou une cinéaste transgenre, comment va-t-on régler la question de la parité, d’après vous? En créant un quota transgenre?