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Haïti comme si vous y étiez

«Mes amis aidez-nous! On a besoin d’un endroit pour se loger! Vous qui êtes de bons samaritains, venez nous aider!»

Une incursion dans le quotidien des sinistrés.
Photo Jdem.com Une incursion dans le quotidien des sinistrés.

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Quelques semaines après le passage de l’ouragan Matthew, le cri du cœur de cette sinistrée de Kafou Diri, une bourgade située près de l’épicentre de la catastrophe, nous renvoie notre propre impuissance en plein visage.

Il faut dire que l’utilisation d’une caméra à 360 degrés pour capter ce moment de désespoir donne l’impression d’être avec cette villageoise à l’intérieur de la case rapiécée qui lui sert d’abri de fortune.

C’est là un des nombreux témoignages recueillis en novembre dernier par notre équipe, dépêchée pour rendre compte sur le terrain des dégâts causés par Matthew, mais aussi des cicatrices encore visibles du séisme meurtrier de 2010.

Pour la première fois, un média de chez nous ne se contentera pas de vous raconter Haïti, mais vous proposera plutôt une plongée interactive en cinq actes, comme si vous y étiez.

Des images à couper le souffle

À travers une série de vidéos immersives, de plans aériens impressionnants, de photos spectaculaires et de rencontres inspirantes, découvrez la Perle des Antilles comme vous ne l’avez encore jamais vue.

Bien sûr, la facture visuelle de notre projet permettra surtout de braquer les projecteurs sur un pays constamment envoyé au tapis par les catastrophes naturelles et l’instabilité politique.

De la découverte de l’île par Christophe Colomb en décembre 1492 au passage de l’ouragan Matthew, sans oublier la révolte des esclaves menée par François Toussaint Louverture contre Napoléon, la dictature des Duvalier, l’éternelle corruption et la récente éclosion de cas de choléra: autant de malédictions qui empêchent les Haïtiens de se relever.

Cette succession de malheurs a d’ailleurs fait en sorte que le titre de notre reportage multimédia s’est un peu imposé de lui-même: «Ayiti peyi madichon», en créole, qui se traduit par «Haïti pays maudit».

Un titre qui témoigne aussi humblement de notre volonté de laisser la parole au peuple haïtien. «Les gens avec lesquels nous nous sommes entretenus pendant le voyage se sont ouverts sans pudeur et nous ont laissé entrer dans leur intimité», note le journaliste Jean-Philippe Daoust, qui effectuait son premier reportage en Haïti.

Sur les traces de l’ouragan

Notre équipe était aux premières loges pour témoigner de la détresse humaine.
Photo Jdem.com
Notre équipe était aux premières loges pour témoigner de la détresse humaine.

Le premier chapitre nous entraîne littéralement sur la route de Jérémie – baptisée la Cité des poètes – où l’ouragan a laissé des centaines de victimes dans son sillage.

Dans un dédale de routes escarpées à flanc de montagnes et de ravins vertigineux, vous aurez l’impression de découvrir en temps réel les ravages de l’ouragan, sur fond de paysages à couper le souffle. Une vision déconcertante, accentuée par les clameurs cacophoniques de Jérémie qui s’efforce de retrouver un semblant de normalité, même si cette région rurale, considérée comme le grenier d’Haïti, n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Le vidéaste et réalisateur Alexandre Legault-Déry admet avoir ressenti au départ un malaise en documentant les malheurs d’Haïti, avant de se raviser. «On sentait finalement que c’était une façon de témoigner de leurs problèmes, mais aussi de leur offrir une sorte de fenêtre sur le monde, notamment à Montréal, où on retrouve une grosse communauté haïtienne. Ça va peut-être éveiller les consciences.»

Retour sur le séisme de 2010

Notre opérateur de drone ne passait pas inaperçu en pilotant son appareil.
Photo Jdem.com
Notre opérateur de drone ne passait pas inaperçu en pilotant son appareil.

L’expérience aurait été incomplète sans rappeler les stigmates encore bien visibles causés par le tremblement de terre meurtrier il y a sept ans, qui avait fauché 300 000 vies en quelques secondes.

Vous y entendrez des témoins hantés à jamais par le souvenir de cet après-midi tragique de janvier, lorsque leur pays a basculé.

Mais à l’image des plantes et des arbres qui poussent dans la cathédrale toujours en ruine, la vie a repris ses droits dans la capitale, comme à Jérémie.

Parce que c’est aussi ça, Haïti, une perpétuelle leçon de ténacité, portée par un peuple prodigieusement capable de se retrousser les manches chaque fois que le sort s’acharne sur eux.

La misère à vol d’oiseau

Une incursion dans le quotidien des sinistrés.
Photo Jdem.com

Ce tour guidé de la misère se poursuit dans les chapitres suivants, où les images aériennes captées par drone témoignent du contraste entre les dégâts et la splendeur de ce pays multicolore, bordé par l’océan Atlantique et la mer des Caraïbes.

«Je ne m’attendais pas à des dégâts de cette ampleur. Les filmer à vol d’oiseau nous offre cette opportunité», constate notre opérateur de drone Louis-Dominique Lamarche, qui ne passait pas inaperçu avec son appareil au pays de Laferrière.

«Ça exerçait une fascination. Dès que je sortais le drone, les gens se massaient autour de nous», raconte-t-il.

Une expérience immersive

Toutes ces technologies ont permis à notre équipe, une fois à Montréal, de traduire le plus fidèlement possible la réalité haïtienne, en s’inspirant d’expériences multimédias réalisées par de grands journaux américains tels que le Washington Post et le New York Times. «Pour la première fois depuis longtemps, on s’est donné le mandat de faire le meilleur reportage pour un ordinateur et non un téléphone mobile», souligne notre chef d’orchestre pour ce reportage, Henri Michaud.

Mèsi anpil et bonne expérience à tous !