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L’après-Hitchcock

David Perron reconnaît que l’entraîneur a eu un grand impact sur sa carrière

S’il voue un grand respect à Ken Hitchcock, David Perron (57) reconnaît que la nomination de Mike Yeo au poste d’entraîneur en chef des Blues a apporté un regain d’énergie dans le vestiaire.
Photo Agence QMI, Joël Lemay S’il voue un grand respect à Ken Hitchcock, David Perron (57) reconnaît que la nomination de Mike Yeo au poste d’entraîneur en chef des Blues a apporté un regain d’énergie dans le vestiaire.

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Seuls trois entraîneurs ont remporté plus de matchs dans la Ligue nationale que Ken Hitchcock. Mais même une feuille de route aussi glorieuse ne vaut plus rien quand la participation aux séries éliminatoires semble glisser entre les doigts d’une organisation.

C’est ainsi que Hitchcock a vu son total de victoires stoppé à 781 le 1er février. L’instructeur des Blues de St. Louis devait tendre le flambeau à son adjoint Mike Yeo au terme de la saison; le vétéran de 65 ans aura finalement été contraint de le lui ­passer quelques mois plus tôt.

«Je pense que je suis l’un des gars qui ont été le plus affectés quand il a été congédié, a raconté David Perron, samedi, à quelques heures d’affronter le Canadien. C’est l’entraîneur que j’ai eu le plus longtemps dans ma carrière, et il m’a fait ­grandir en tant que joueur de hockey.»

Hitchcock a dirigé l’attaquant sherbrookois pendant près de deux saisons lors de son premier séjour à St. Louis. L’entraîneur d’expérience a aussi joué un rôle important dans son retour au Missouri, le 1er juillet dernier.

Promesse tenue

Après un exil de trois campagnes qui l’a vu passer par Edmonton, Pittsburgh et Anaheim, Perron a choisi de revenir dans la ville de ses premières amours après quelques discussions avec son ancien mentor.

«Il était en grande partie un gars qui voulait me ravoir à St. Louis, a exposé ­Perron, auteur de 12 buts et 20 aides cette saison. Quand le directeur général [Doug Armstrong] a dit qu’il voulait me faire signer un contrat, il m’a appelé pour me faire connaître mon rôle.»

«Il m’a dit que je jouerais régulièrement en désavantage et en avantage numérique, a-t-il poursuivi. Jusqu’à présent, c’est exactement ce qui se passe. Honnêtement, je ne pense pas que j’aurais pu avoir ce rôle et ce temps de glace ailleurs.»

Le bon bouton

Hitchcock n’a pas la réputation d’être un tendre. C’est un instructeur de la «vieille école», l’un de ceux qui font augmenter les décibels à l’entraînement et derrière le banc.

Même si cette façon de faire disparaît peu à peu dans la Ligue nationale, Perron croit que son ex-entraîneur savait tirer le meilleur de son club.

«Il savait exactement sur quel bouton peser, a expliqué le joueur de 28 ans. C’est assez connu que, des fois, il pesait souvent sur le même piton! Ce n’était pas tout le temps évident de dealer avec ça, mais ça faisait sortir le meilleur des joueurs. Au bout du compte, ça amenait du positif.»

Maintenir la cadence

Perron reconnaît cependant qu’une fois le choc du congédiement passé, ce changement de garde a eu du positif sur les Blues.

Depuis le 1er février, l’équipe montre un dossier de cinq victoires contre une défaite. Plutôt généreux envers l’adversaire au cours des dernières semaines, les Blues ont remporté deux de leurs récents gains par blanchissage.

Comme ses coéquipiers, Perron constate un regain d’énergie dans le vestiaire. Sauf qu’il sait bien que ce revirement de situation peut être éphémère. Il prévient que les Blues devront maintenir la cadence s’ils veulent participer aux éliminatoires, eux qui occupent le troisième rang dans la section Centrale, avec 63 points.

«C’est dans les deux ou trois prochaines semaines qu’on va voir quel genre d’équipe on est réellement, croit-il. On sait que l’on a une bonne équipe, mais ­maintenant, il faut le démontrer.»


Scotty Bowman (1244), Joel Quenneville (835) et Al Arbour (782) sont les trois ­entraîneurs qui ont remporté plus de matchs dans la LNH que Ken Hitchcock.

La petite tape dans le dos

Mike Yeo a remporté 177 matchs dans la LNH, soit 604 de moins que son prédécesseur. Mais même s’il ne possède pas la grande expérience de Ken Hitchcock, sa jeunesse a insufflé un vent de fraîcheur dans le vestiaire des Blues de St. Louis.

«Hitchcock était plus passif derrière le banc... hormis sa voix!» a soulevé en riant David Perron, samedi.

L’attaquant a ensuite poursuivi plus sérieusement son idée: «Mike, lui, il se promène, il parle aux gars, il donne des petites tapes dans le dos quand les joueurs rentrent au banc. C’est sûr que de ce côté-là, c’est rafraîchissant.»

Yeo reconnaît qu’il croit en l’importance du renforcement positif. «Plusieurs pensent qu’entraîner, c’est corriger, a-t-il mentionné. C’est une partie de notre travail, mais notre travail consiste aussi à reconnaître lorsque nos joueurs font des efforts et font de bonnes choses. Ça aide à ­développer notre esprit de groupe.»

Chancheux

Malgré l’évidente différence entre le style de Hitchcock, 65 ans, et celui de Yeo, 43 ans, ce dernier a souligné l’importance qu’a eue l’ancien entraîneur en chef sur sa carrière.

«J’ai été vraiment chanceux d’avoir la chance de travailler avec Hitch, d’apprendre certaines choses qui en ont fait un entraîneur aussi exceptionnel, a relevé Yeo. J’ai appris des éléments tactiques, mais surtout, j’ai vu comment il prépare son équipe pour les matchs. Ce fut vraiment important pour moi.»

Yeo a dirigé son premier match dans la Ligue nationale lors de la saison 2011-2012. Son séjour avec le Wild du Minnesota a pris fin le 13 février 2016, quand il a été congédié après une série de 13 revers en 14 rencontres.

Le jeune entraîneur est donc bien placé pour comprendre ce qu’a vécu Hitchcock.

«Ce fut un choc pour nous tous et ça nous a tous ouvert les yeux. Personne ne voulait que ça arrive. Mais ça nous a donné l’occasion de nous regarder dans le miroir et de réaliser que nous avons tous à en faire plus», estime Yeo.