/finance/business
Navigation

Les agriculteurs à «un tweet d’une chicane» avec Trump

Une éventuelle renégociation de l’ALÉNA pourrait leur nuire

maurice montcalm
PHOTO D’ARCHIVES, Marie-Ève Dumont Des producteurs de lait et des producteurs agricoles du Québec s’inquiètent de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Ce dernier veut renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), ce qui pourrait nuire à nos agriculteurs.

Coup d'oeil sur cet article

Les agriculteurs québécois s’inquiètent de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le président américain souhaite renégocier l’ALÉNA, ce qui pourrait nuire aux producteurs d’ici.

«Avec M. Trump, nous sommes à un tweet d’être en chicane», a déclaré le professeur de management agroalimentaire de l’Université Dalhousie Sylvain Charlebois.

Celui-ci participait vendredi, à Drummondville, au Sommet de l’alimentation 2017 organisé par le ministère de l’Agriculture. M. Charlebois a ajouté devant 200 intervenants que l’ex-président Obama était très protectionniste, mais il ne le disait pas ouvertement, tandis que Donald Trump est plus transparent en en parlant ouvertement.

Laurent Lessard

Le nouveau ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, a déclaré à l’issue de la journée que l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche a fait monter la vigilance d’un cran. Mais il ne croit pas que le président a intérêt à bloquer les frontières puisque les Américains vendent plus au Québec que ce que les producteurs d’ici exportent aux États-Unis.

Jean Morin. Fromagerie du presbytère
Photo courtoisie
Jean Morin. Fromagerie du presbytère

Jean Morin est propriétaire de la Fromagerie du presbytère et producteur de lait à Sainte-Élisabeth-de-Warwick, dans les Bois-Francs. Il est inquiet de ce qui se passe au sud de la frontière. «Je m’attends à ce que les Américains poussent pour l’abolition des frontières, ils ont beaucoup de lait à écouler à faible prix», a-t-il dit.

M. Morin possède un troupeau de 100 vaches et il a pour 2,5 millions $ de quota de lait. «Le système des quotas va rester, à mon avis, mais ils vont perdre de la valeur et les pressions des Américains vont faire chuter les prix du lait payés aux producteurs.» Les fromages de M. Morin sont présents dans une dizaine de magasins à New York, mais il s’attend à augmenter ses exportations dans les prochains mois.

UPA

Le directeur général de l’Union des producteurs agricoles, Charles-Félix Ross, en a vu d’autres dans le domaine du commerce international.

«Cette fois, le nouveau président américain voudrait ouvrir l’entente de libre-échange avec le Canada. Je rappelle que chaque fois qu’il y a de grandes négociations, comme à l’Organisation mondiale du commerce, le Canada a toujours réussi à défendre ses secteurs sensibles comme l’agriculture», a-t-il mentionné.