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Cogner aux portes des #6261

Projet Montréal 6261
Photo 24 Heures, Ariane Labrèche Kimura Byol

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L’artiste multidisciplinaire Kimura Byol a envoyé plus de 100 lettres à des Montréalais habitant au numéro civique 6261, pour son documentaire Projet Montréal #6261. Coréenne d’origine, Belge d’adoption et Montréalaise de cœur, Kimura Byol souhaite jeter un regard cosmopolite sur la réalité de la métropole.

Après près de 10 ans passés à Montréal, Kimura Byol vient d’obtenir sa résidence permanente. «C’est le plus beau cadeau de ma vie. Je sens que c’est donc à mon tour de faire un effort pour raconter la réalité de Montréal», explique-t-elle. L’artiste multidisciplinaire s’intéresse depuis toujours à des thèmes qui abordent les questions d’identité, d’ethnicité, ou encore d’immigration. Le Projet Montréal #6261, conçu au départ comme une œuvre vidéographique et photographique, s’est muté en documentaire grâce à la bourse Regard sur Montréal du Conseil des Arts de Montréal.

Au départ, Kimura Byol a envoyé près de 100 lettres. «Trois personnes ont fini par me contacter, et j’en ai rencontré une par hasard», énumère-t-elle. Autant de réalités qui se déclinent dans les quartiers d’Anjou, de Verdun, de Notre-Dame-de-Grâce et de Rosemont. «Les gens me parlent de leur vie personnelle, pourquoi ils habitent là. Certains sont immigrants, d’autres, non; d’autres sont arrivés des régions. Ça permet de tracer un portrait de la ville qui n’est pas comme une publicité, ni centré seulement sur les mauvais côtés», souligne-t-elle.

Un numéro bien spécial

#6261, c’est le numéro d’adoption qui a été apposé à Kimura Byol au début de sa vie, alors qu’elle était une orpheline disponible pour adoption en Corée du Sud. À moitié japonaise et coréenne, elle est au confluent de deux peuples aux antipodes. «C’est déjà une chose assez difficile. La colonisation japonaise a été très dure pour les Coréens, ce qui a laissé une amertume et une animosité profonde», souligne-t-elle. Enfant, elle a été adoptée par un couple belge. «Longtemps, j’ai pensé que j’étais blanche, ce qui n’est pas la réalité. En plus, on m’a donné un nom belge, Nathalie Lemoyne, raconte-t-elle. Le fait d’être asiatique avec un nom belge porte à réflexion et a vite provoqué une ambiguïté avec les autres.»

Après vingt années passées en Belgique et 13 vécues dans son pays d’origine, Kimura Byol est atterrie à Montréal. «Je rêvais du Canada comme une terre promise, où je pouvais me réinventer complètement. Je sais qu’il n’existe pas de paradis sur Terre, mais je sens qu’ici, je peux être une citoyenne du monde», affirme-t-elle.

Au final, l’artiste souhaiterait rencontrer six Montréalais de six quartiers différents. «Si vous habitez au #6261 et que vous voulez me partager quoi que ce soit, des anecdotes ou des histoires, écrivez-moi!», propose Kimura Byol.

L’invitation est lancée. Si vous êtes intéressés à participer à cette mosaïque cinématographique, vous pouvez rejoindre l’artiste au #6261@microclimatfilms.com.