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Le coup de poignard

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Si j’étais un des cadres retraités du secteur public, je crierais à la haute trahison face au projet de loi 126 que le gouvernement s’apprête à faire adopter à toute vapeur. Ce projet de loi gèlera leur prestation pour les cinq prochaines années et instaure des critères d’indexation de la rente moins avantageux.

La petite histoire

Ce projet de loi est le fruit d’une entente négociée avec les associations représentant les cadres actifs et vise à pérenniser le Régime de retraite du personnel d’encadrement (RRPE). Ce régime avait été mis en place en janvier 1997 pour faciliter le recrutement de cadres dans une conjoncture où peu de personnel se bousculait aux portes pour de tels postes.

La bonification salariale pour un cadre du secteur public est bien mince par rapport aux salariés. C’est pourquoi, les parties conçurent un régime de retraite permettant de partir à la retraite plus tôt et comportant un mode de calcul de la rente plus avantageux.

Le message était simple, «vous gagnerez à peine plus que le syndiqué, vous profiterez toutefois plus rapidement de votre retraite». Excellente façon pour le gouvernement de diviser la facture et de reporter à plus tard ses obligations.

Sous-représentativité

20 ans plus tard, le RRPE est dans la mouise. C’était prévisible dès sa création. Ainsi, après avoir attiré des gens en leur faisant miroiter des bénéfices supérieurs, le gouvernement veut aujourd’hui les en priver avec son projet de loi.

Encore plus ahurissant, ces retraités cadres n’ont même pas eu droit au chapitre dans les discussions, si ce n’est que de choisir les modalités de détérioration de leur rente devant un ultimatum gouvernemental et la complicité des actifs.

Comme ils sont relativement peu nombreux au regard des retraités du secteur public, le saccage se fait sans bruit. Le précédent devrait pourtant tenir en alerte les grandes organisations syndicales mais c’est silence radio.