/sports/ski
Navigation

Une petite coqueluche en Chine

Coup d'oeil sur cet article

Avec Sébastien Toutant et Maxence Parrot, le nom des planchistes québécois résonne déjà fort sur la planète slopestyle. Et voilà que le jeune Eli Bouchard, 9 ans à peine, a été approché par l’organisation d’un événement chinois pour inspirer une génération d’athlète.

Eli et sa famille s’envoleront la semaine prochaine vers Jilin, près de la frontière nord-coréenne. C’est là que se tiendra le Banana Open, une compétition qui offre 200 000 $ en bourses à ses participants, dont plusieurs de renom. Triple médaillé des prestigieux X-Games, Parrot y sera aussi.

«Les Chinois commencent à peine à s’intéresser à ce sport, explique François Bouchard, le père du garçon. Ils ont vu Eli sur les réseaux sociaux, alors ils aimeraient le faire connaître à leur public pour les inciter à pratiquer ce sport en prévision des Jeux olympiques [de 2022, à Pékin].»

Presque à la même époque l’an dernier, une vidéo d’Eli effectuant un double saut périlleux arrière (un «double backflip», dans le jargon) faisait écarquiller les yeux des connaisseurs. Le petit planchiste est le plus jeune à avoir réussi pareille prouesse.

Rapidement, son exploit a fait le tour des publications spécialisées, attirant le regard des organisateurs du Banana Open.

Un prodige

Eli avait un an et demi quand il a mis les pieds sur une planche à neige pour la première fois. Au départ, son père François menait le clan, devant Eli et Zac, qui a aujourd’hui 13 ans. Leur mère Natacha suivait, s’assurant du bon déroulement de la descente.

«Imaginez une famille de canards!» rigole François Bouchard.

Rapidement, l’élève a voulu dépasser le maître. François a constaté que son fils Eli avait une «aisance naturelle» pour la glisse. De fil en aiguille, ses aptitudes l’ont amené à se spécialiser dans le slopestyle, cette discipline où les planchistes multiplient les figures acrobatiques tout le long d’un parcours sur lequel des rampes et des tremplins sont aménagés.

En famille

Bon élève, Eli suit ses cours de troisième année quatre jours par semaine. En plus du français, il apprend l’anglais et l’espagnol. Les trois autres journées sont consacrées à l’entraînement et aux compétitions.

Chaque jeudi soir, le clan de Lac-Beauport parcourt les quatre heures de route qui le sépare de Saint-Agathe-des-Monts. Eli développe ses sauts depuis deux ans avec l’entraîneur Maxime Hénault, aussi le mentor de Parrot, Toutant et de Mark McMorris.

«C’est important pour nous de faire ça en famille, pour ne pas qu’Eli ait l’impression que c’est un travail pour lui, que ça reste une partie de plaisir», relève M. Bouchard.

Les Olympiques dans sa mire

Au fil des ans, les Bouchard ont réalisé quelques voyages de snowboard. À Whistler et au Colorado s’ajoutera maintenant Jilin.

Il n’est pas encore certain qu’Eli disputera les compétitions les 25 et 26 janvier. Ça dépendra de plusieurs facteurs, dont les conditions météorologiques. À 4 pieds et 60 livres, il n’est pas non plus capable d’enchaîner tous les sauts comme les plus vieux.

Mais peu importe: à seulement 9 ans, cette expérience sera bénéfique pour la suite de sa carrière. Car lorsqu’on demande au prodige de la planche s’il rêve un jour de grands événements comme les JO, sa réponse est claire: «Oh oui!»

Pour avoir des amis planchistes

Chez les Bouchard, le snowboard est une histoire de famille. C’est pour avoir des amis qui font de la planche à neige avec lui que le père François a initié ses deux fils à ce sport.

«J’ai voulu qu’on mette nos fils sur des planches le plus vite possible, afin qu’ils développent leur aisance», pointe l’adepte de la glisse.

Eli semblait avoir un don. Il avait de la facilité à rester en équilibre et il réussissait souvent de nouveaux mouvements du premier coup, explique François.

«Un jour, il a regardé une photo de famille prise à Whistler et m’a demandé pourquoi il n’était pas dessus avec nous, raconte le père. Je lui ai dit que c’est parce qu’il n’était pas encore assez bon. Ç’a pris quelques mois, et à 4 ans, je l’ai amené avec nous.»

« Bonne leçon »

Sa passion du snowboard, François l’a aussi transmise à son aîné Zac, 13 ans. Une blessure aux vertèbres du cou survenue après un saut l’a toutefois confiné au repos complet pour cet hiver. Pas question cependant pour l’ado de s’éloigner de son sport pour autant: pendant sa convalescence, il aide son petit frère sur les réseaux sociaux, où sa carrière est bien documentée.

François Bouchard estime que la blessure de Zac a servi de «bonne leçon» à toute la famille. Mais pas nécessairement d’avertissement sur les dangers de la glisse.

«Dans le sport extrême, on vise toujours un plus gros saut, une plus grosse montagne. Toute notre vie, on sera confrontés à ça», pointe François.

«Mais il y a une évolution calculée des mouvements qui fait que le sport est beaucoup moins dangereux aujourd’hui, ajoute-t-il. On pratique les figures sur un trampoline avant. Ce n’est plus comme dans mon temps où l’on prenait une pelle et qu’on faisait nos jumps dans le bois...»