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Un autre ex-policier allègue la fabrication de preuves

Pietro Poletti dit avoir confronté l’auteur d’un rapport visant à le discréditer

L’ex-policier Pietro Poletti affirme avoir vécu 10 années de sa carrière avec de fausses allégations de contacts avec la mafia.
Photo courtoisie L’ex-policier Pietro Poletti affirme avoir vécu 10 années de sa carrière avec de fausses allégations de contacts avec la mafia.

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Félix Séguin et Éric Yvan Lemay

Un quatrième ex-policier de Montréal affirme avoir été victime de fabrication de preuves par la controversée Division des affaires internes de son ancien employeur.

NOTRE DOSSIER COMPLET:

L'ex-enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Pietro Poletti s'est confié à notre Bureau d'enquête lors d'une entrevue mercredi.

«J’ai vécu environ 10 ans de ma carrière avec de fausses allégations de contacts avec la mafia et le crime organisé; pourtant j’en ai arrêté plein à Montréal», a-t-il déclaré.

Lorsque questionné si de faux rapports avaient été rédigés pour lui nuire, il a répondu par l'affirmative.

«C’est sûr que quand tu as beaucoup d’informateurs et que tu es Italien, tu fais peur (à la direction du SPVM)», a-t-il estimé.

Le témoignage de cet ex-policier s'ajoute à ceux présentés mardi dans un reportage de notre Bureau d'enquête et de l'émission J.E, sur les ondes de TVA. Trois ex-policiers y racontaient avoir été écartés à la suite de manœuvres douteuses de la Division des enquêtes internes.

Les enquêteurs de cette unité alléguaient notamment que l'un d'eux, Giovanni Di Feo, est le parrain du fils de Luigi Coretti, controversé patron de l’agence de sécurité BCIA. Or. M. Coretti affirme ne pas avoir d’enfant.

La mafia

Mercredi, Pietro Poletti s'était d'abord vidé le cœur à l'émission de Paul Arcand au 98,5 FM. Il y a raconté avoir vécu deux années d’enfer alors qu’il a fait l’objet d’une enquête de la GRC au milieu des années 2000 après une dénonciation d’un collègue.

«Il y a un enquêteur qui avait écrit un rapport en disant que j’avais eu de l’argent de la mafia pour acheter des condos en Italie», a-t-il dit. Or, les appartements en question appartenaient à son père, qui les avait achetés en 1964.

Poletti a confié à M. Arcand qu'il avait pu confronter le policier qui a fait le faux rapport visant à le discréditer, en compagnie des anciens chefs de police Jacques Duchesneau et Marc Parent dans une chambre de l’hôtel Intercontinental. L'existence de ce rapport a été dévoilée mardi par J.E.

«J’ai posé la question au policier, s’il avait écrit un faux rapport. Il a dit oui sur pression de ses boss», a-t-il dit à l'animateur. «Pour vous sortir?» a demandé M. Arcand. «Pour me sortir», a répondu Pietro Poletti.

Ian Davidson

Également questionné au sujet de la taupe Ian Davidson, qui a tenté de vendre une liste d’informateurs de police à la mafia, Pietro Poletti, est convaincu qu’il n’a pas agi seul.

«Rencontrer quelqu’un de la mafia, c’est pas un pawnshop, que tu entres et que tu dis, je veux vendre ça. Ça prend un intermédiaire. Il n’était pas tout seul, c’est impossible», a estimé Pietro Poletti.

Dans le cadre de l'enquête qui lui a été confiée, la SQ a mis en place une ligne spéciale destinée aux policiers et citoyens qui auraient des renseignements en lien avec les allégations de malversations concernant les affaires internes du SPVM. Les informations peuvent être transmises confidentiellement au 1 800 659-4264.

CE QU’ILS ONT DIT

L’ex-policier Pietro Poletti affirme avoir vécu 10 années de sa carrière avec de fausses allégations de contacts avec la mafia.
Photo d'archives

«La décision de confier l’enquête rapidement à la Sûreté du Québec est la bonne. Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) n’a pas le mandat de se pencher sur ce type de situation.»

– Philippe Couillard, premier ministre

L’ex-policier Pietro Poletti affirme avoir vécu 10 années de sa carrière avec de fausses allégations de contacts avec la mafia.
Photo d'archives

«Le gouvernement doit reculer et donner le mandat au BEI.»

– François Legault, chef de la CAQ

L’ex-policier Pietro Poletti affirme avoir vécu 10 années de sa carrière avec de fausses allégations de contacts avec la mafia.
Photo d'archives

«Il y a un problème systématique dans l’organisation du SPVM pour lequel il doit y avoir un examen indépendant.»

– Jean-François Lisée, chef de l’opposition

L’ex-policier Pietro Poletti affirme avoir vécu 10 années de sa carrière avec de fausses allégations de contacts avec la mafia.
Photo d'archives

«Ils (la SQ) ont les ressources et ils sont capables de le faire en toute indépendance. Il fallait que cette enquête-là soit prise en charge rapidement, par les meilleurs et les mieux placés pour le faire.»

– Martin Coiteux, ministre de la Sécurité publique

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