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Les faux prophètes

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En interviewant toujours les mêmes porte-parole de la soi-disant «communauté musulmane», les médias envoient le message que les Québécois musulmans «ordinaires» sont des oiseaux rares.

C’est faux, car ils forment la majorité. Ils parlent peu, pour plusieurs raisons, dont la peur, mais ils laissent le champ libre à des activistes qui représentent on ne sait trop qui, ni quelle cause.

Prenons le cas d’Haroun Bouazzi, coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec jugée crédible, bien qu’opposée à la charte de la laïcité (?) qui aurait été interviewé 200 fois l’an dernier.

Mercredi, il s’est vanté sur Facebook d’avoir eu Justin Trudeau au téléphone avec qui il a parlé «d’islamophobie».

Des leaders autoproclamés

Ils sont partout, dans les médias, dans les couloirs des parlements, dans les colloques, mais que sait-on de ces leaders communautaires autoproclamés?

Haroun Bouazzi s’est immiscé dans notre conversation sur l’islam en surfant sur la laïcité. Mais son truc, c’est la protection des libertés religieuses, y compris le port du niqab, menacées par «l’islamophobie» et le racisme systémique au Québec.

En décembre, il a quitté un groupe de travail sur la radicalisation formé par Philippe Couillard, se disant choqué par la campagne «Ensemble, nous sommes le Québec» du ministère de l’Immigration, qu’il juge «assimilationniste» et «négationniste», selon Le Devoir.

À Paris en mai, Bouazzi a décrit la situation des musulmans au Québec comme «catastrophique», ajoutant que l’approche modérée («réformiste») qu’il favorise pour lutter contre l’islamophobie ne peut réussir sans l’apport de «courants plus rigides».

En 2013, dans ce journal, Haroun Bouazzi s’inquiétait des effets «stigmatisants» de la médiatisation des crimes d’honneur – qu’il comparait à la violence conjugale – ajoutant qu’il est «dommage de se concentrer sur des faits hypermédiatisés» comme l’affaire Shafia.

Malgré un discours confus, contradictoire et diffamatoire, Haroun Bouazzi a accès au plus haut pouvoir politique.

Pourquoi?