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La rue Peel en '68

1968

Avant Après
Photo courtoisie, Archives de la Ville de Montréal, Intersection des rues Peel et Sainte-Catherine, 1968. VM94-AD50-003
Photo Martin Chevalier

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Laura Secord et le chocolat

Située au coin sud-est de Sainte-Catherine et Peel, la confiserie Laura Secord attire le regard. En 1913, l’homme d’affaires torontois Frank O’Connor a l’idée de nommer sa nouvelle chocolaterie en l’honneur d’une héroïne canadienne bien connue. Cette année-là, c’était le centenaire de la périlleuse course de Laura Secord pour avertir le général FitzGibbon de l’attaque-surprise des troupes américaines. D’être associée à une friandise, madame Secord aurait été la première étonnée. Ayant vécu une grande partie de sa vie dans la précarité financière, elle n’aurait pas eu les moyens d’acheter du chocolat. Mais le commerçant O’Connor conserva de la vie de l’héroïne l’image saine et traditionnelle qu’il voulait donner à son magasin. Figée dans le fameux camée en chocolat, son image romancée fait le succès de son marketing. La chaîne de sucreries prend rapidement de l’expansion au pays. À Montréal, on compte déjà plus d’une quarantaine de confiseries Laura Secord en 1968.

Chez Radiola/Philips

Bien connue en France, la marque Radiola tire son origine de la Société Française Radio-Électrique fondée en 1910. Fournissant des transmetteurs et récepteurs radio durant la guerre, son président, Émile Girardeau, s’intéresse par la suite au marché civil. Il crée en 1922 la marque d’appareil radio Radiola et lance la première station radiophonique à Paris. Intégrée à la compagnie néerlandaise Philips dès 1931, la gamme des appareils Radiola se diversifie. Radio à deux boutons, radio-transistor portatif, téléviseur en acajou satiné, tourne-disque à trois vitesses, magnétophones à mini-cassettes, voilà quelques produits offerts à la boutique Radiola/Philips du 1401, rue Peel en 1968. Déclassée durant les décennies suivantes avec l’arrivée de la concurrence japonaise, Radiola est finalement abandonnée en 2002. Faisant renaître les anciennes marques tombées dans l’oubli, la Société française Admea relance Radiola en 2016, prévoyant une gamme de produits rétro pour les nostalgiques.

À l’ancien Sheraton

De 1922 à 1982, l’Hôtel Mont Royal-Sheraton accueille ses clients au pied de la montagne dans son luxueux établissement du 1455, rue Peel. Doté de 1046 chambres, l’hôtel de style Beaux-Arts est l’un des endroits les plus chics à Montréal. Le 17 juin 1937, une somptueuse salle de danse est inaugurée sur le toit: le Normandie Roof ou la Terrasse Normandie.

Photo courtoisie, Archive de la Ville de Montréal

Les chanteurs, musiciens et danseurs à la mode s’y produisent, dont l’excentrique pianiste de music-hall Liberace. Les tables aménagées en demi-cercle devant la scène permettent aux clients d’apprécier le spectacle tout en dégustant leur repas. En soirée, l’orchestre entame des valses et des fox-trot, et à l’occasion, des danseurs d’expérience donnent des leçons de danses latines. La musique des orchestres est souvent diffusée sur les ondes de CKAC jusqu’à la fermeture du Normandie Roof dans les années 1950. Le Sheraton ayant déménagé en 1982, l’édifice restauré devient les Cours Mont-Royal, une luxueuse galerie marchande.