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Peuple, à genoux!

Il faut dire que l’exemple de la prosternation béate devant les religions vient de haut

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Dans nos débats sur la religion, une dimension m’agace particulièrement.

On ne peut prouver l’existence de Dieu. Mais on ne peut pas non plus prouver son inexistence.

Il faut donc poser l’affaire en termes de probabilités.

À mon avis, les probabilités que Dieu existe sont extraordinairement faibles. Je suis donc, si je puis dire, athée à 99,9 %.

Honnêtement, vous pensez sérieusement que Marie a été fécondée par le Saint-Esprit?

Vous pensez sérieusement que l’Archange Gabriel a invité Mahomet à voyager dans les cieux en chevauchant une monture à tête d’homme et au corps de cheval?

L’hindouisme avance que le monde a la forme d’un œuf cosmique­­ dont la moitié inférieure est divisée en sept zones peuplées de serpents et de démons­­. Hmmm...

Raison

Pour ma part, quand un chauffard ivre fauche une jeune­­ fille innocente, j’ai beaucoup de peine à croire qu’un Dieu infiniment bon veille sur nous.

Quand un enfant vient au monde lourdement handicapé, j’ai de la misère à y voir un plan divin dont le merveilleux sens caché me sera révélé un jour.

L’origine de l’univers et l’évolution des espèces me semblent parfaitement explicables par la science, sans nul besoin­­ d’y introduire des hypothèses surnaturelles.

Si quelqu’un préfère croire à une divinité, c’est son affaire.

Mais que l’on ne me présente pas cela comme une vertu particulière et supérieure devant laquelle je devrais me taire ou me prosterner.

On veut nous inculquer qu’il serait «irrespectueux», «intolérant», «fermé» de soumettre la religion à l’examen de la raison critique, de la logique, de la science.

Je dis non. Demander des preuves n’est pas une ferme­ture dogmatique, mais une saine prudence.

La science et la religion ne sont pas deux doctrines équivalentes parmi lesquelles on peut choisir. La première se prouve, pas la deuxième.

La prière peut faire du bien, mais elle ne guérit pas. La médecine, oui, souvent.

Il n’est pas vrai non plus que la morale ne peut se vivre que dans la religion.

Il faut dire que l’exemple de la prosternation béate devant les religions vient de haut. Voyez Justin Trudeau, dont on se demande si l’aplaventrisme est ridicule ou effrayant.

J’exagère? Voyons voir.

Imaginez

Certains insistent pour porter des signes religieux très visibles­­, avoir des privilèges fiscaux ou des traitements particuliers­­ au nom de leur foi.

Supposons maintenant que je me promène avec un t-shirt qui dirait: «On tue beaucoup au nom de la religion».

Supposons qu’un professeur d’éthique et culture religieuse examine la foi sous l’angle de la logique, qu’il évoque le mal que l’on fait au nom des religions, ou encore les difficultés que les religions ont avec la sexualité des femmes.

On nous traiterait d’«irrespectueux» et de «provocateurs». On aurait sur le dos la caste politico-médiatico-religieuse.

Si je fous la paix aux croyants, est-il déraisonnable de demander­­ que ceux-ci me la foutent à moi et vivent leur foi dans l’intimité et la discrétion?

Apparemment, oui.

 

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