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Les diagnostics de TDAH en croissance au Québec

Teenage girl studying with textbooks
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Le nombre d'enfants et d'adultes diagnostiqués pour un trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ne cesse d'augmenter au Québec.

Selon des chiffres obtenus par TVA Nouvelles, les montants versés pour le remboursement des médicaments par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) ont explosé en quatre ans.

En 2012, on comptait 32 000 cas chez les moins de 18 ans et 20 000 chez les adultes pour 32,5 millions $ en remboursements.

En 2016, au Québec, 38 000 enfants et adolescents ainsi que 44 000 adultes vivaient avec un TDAH ce qui a engendré 52 millions $ en réclamations.

Kelly, un cas parmi tant d’autres

Kelly, 8 ans, a reçu l'an dernier un diagnostic de trouble du déficit de l'attention sans hyperactivité.

«J'étais dans la lune et lente comme une tortue, a confié Kelly. Ma mère pouvait me répéter les mêmes choses 10 fois avant que je comprenne.»

C'est son enseignante qui a constaté que quelque chose n'allait pas.

«À l'école, dit sa mère Sandy Dupuis, elle mettait beaucoup plus de temps que les autres élèves pour réaliser ses travaux.»

Elle prend des médicaments qui l'aident, mais qui ont aussi des effets secondaires.

«Des fois, je n'ai pas envie de manger», a raconté Kelly.

Après son diagnostic, son père s'est rendu compte qu'il avait le même syndrome qui est souvent génétique.

«C'est un problème de communication entre les neurones, a expliqué le docteur Martin Gignac, psychiatre au CHU Ste-Justine, qui suit des centaines de patients. Nous avons de meilleurs outils qu'avant pour faire des diagnostics, voilà pourquoi plus de personnes sont médicamentées.»

Trop de diagnostics?

Interrogé à savoir s’il y a trop de diagnostics de TDAH au Québec, le docteur Gignac est catégorique.

«Non. Il y a beaucoup de personnes qui n'ont pas encore été diagnostiquées si on se fie à la prévalence des cas, qui peut varier entre 8 % et 14 % chez les enfants et de 4% chez les adultes.»

Selon le psychiatre Stéphane Kunicki, de la Clinique TDAH à Montréal, au moins 4 % de la population québécoise, soit 700 000 personnes, serait touchée par ces troubles qui sont encore tabous.

«Il y a des parents qui disent à leur enfant qu'il prend des vitamines au lieu de lui révéler que c'est un médicament pour le TDAH », a dit Maureen Joseph qui a créé, en 1996, à Longueuil, le groupe d’entraide Hyper Lune.

«Nous travaillons avec des groupes d'adultes et des enfants. Ces derniers apprennent entre autres à se faire des amis et à les garder, à mieux fonctionner en société», a expliqué Mme Joseph.

Elle aussi souffre d’un TDAH, tout comme son fils. Elle aimerait qu'on offre beaucoup plus d'aide aux familles. «Au début ça me faisait quelque chose, mais je survis», a-t-elle conclu.