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Longueuil doit verser 10 000$ pour une chute

Une de ses résidentes s’est fracturé la cheville après être tombée dans un parc

Annick Lecours
Photo Stéphan Dussault Annick Lecours a chuté devant cette balançoire en mars 2014, se fracturant la cheville gauche.

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Un juge vient de condamner la Ville de Longueuil à verser plus de 10 000 $ à une de ses résidentes qui a subi une fracture dans une section dangereuse d’un parc que tous croyaient ouverte.

Ironiquement, le juge qui a rendu la sentence le 19 janvier revenait d’un congé après avoir subi une fracture de la hanche.

«Je ne saurais vous dire s’il était plus sensible à ma douleur, mais je suis très satisfaite de sa décision», dit Annick Lecours en souriant.

C’est Le Journal qui a appris à la résidente du Vieux-Longueuil qu’elle avait remporté sa bataille de trois ans contre la Ville, qui devra lui payer 10 122 $ avec les frais, dont 5000 $ pour la souffrance qu’elle a subie.

Le 6 mars 2014, elle est tombée au bas d’une glissade. Elle s’est fracturé la cheville gauche, ce qui a nécessité deux chirurgies, entre autres pour l’installation d’une plaque de métal.

Elle a été en arrêt de travail trois mois et a vécu des «douleurs intolérables» durant sa convalescence.

Une photo prise en janvier 2016 qui montre à quel point cette section de jeux est achalandée malgré le fait qu'elle soit fermée, selon la Ville.
Photo courtoisie
Une photo prise en janvier 2016 qui montre à quel point cette section de jeux est achalandée malgré le fait qu'elle soit fermée, selon la Ville.

Comme tout le monde

La mère accompagnait alors ses enfants à la patinoire du parc Michel-Chartrand, située à quelques minutes de sa résidence.

Après le patin, elle les a accompagnés dans les modules de jeux situés à côté, où se trouvaient des dizaines d’autres enfants et parents.

En cour, la Ville a soutenu essentiellement que la femme aurait dû savoir que la section des modules était fermée, puisqu’elle n’était pas entretenue. Annick Lecours «a été l’artisane de son malheur», a prétendu la municipalité.

Le juge Claude H. Chicoine ne l’a pas entendu ainsi. «Pourquoi alors tolérer que tant de gens se trouvent là et qu’aucune affiche ne mentionne que la section des modules de jeux est fermée l’hiver, comme d’autres villes le font?» s’est demandé le magistrat. «Et pourquoi avoir laissé les balançoires au lieu de les retirer, donnant l’impression qu’on peut les utiliser?»

«Il n’y a que la Ville qui sait quand c’est fermé», a tranché le juge, qui parle d’un «laisser-aller» qui «n’a pas sa place».

Toujours pas d’affiche

Près d’un mois après cette décision et trois ans après cette chute, toujours rien n’indique que cette section du parc est fermée et non entretenue.

La Ville a mentionné jeudi dernier au Journal qu’elle étudiait toujours ses options.

Annick Lecours accusait également de négligence l’entrepreneur Gestion Vincent et Limoges inc., responsable du contrat d’entretien de la patinoire. Le juge l’a acquitté.

«Ils n’avaient aucun mandat de surveillance des autres aires qui pourtant auraient pu demander un minimum de protection», a écrit le juge Chicoine.