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Temps durs pour Stéphanie

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Un divorce, trois grands enfants à charge, pas de pension alimentaire et un revenu qui ne suffit pas à joindre les deux bouts...

Stéphanie, 50 ans, est dans une situation plus que difficile. Chaque mois, elle dépense deux fois plus qu’elle ne gagne.

Travailleuse autonome, Stéphanie possède son propre salon de coiffure à domicile qui lui rapporte un revenu mensuel net de 2048 $. Or, ses dépenses et celles de ses trois enfants (âgés de 18, 19 et 22 ans) s’élèvent en moyenne à 4644 $ par mois – soit un déficit mensuel de 2236 $.

Son ex-mari, photographe à son compte, n’a su prendre le virage numérique. À 62 ans, il s’est retrouvé sans emploi.

Stéphanie a certes un actif: sa maison, située sur la Rive-Sud de Québec. Mais la balance hypothécaire est de 280 000 $. Sa voiture, qui vaut 15 000 $, est financée à 100 %...

Bref, les temps sont durs pour Stéphanie. «La situation est intenable», dit Éric Lebel, associé chez Raymond Chabot Grant Thornton, qui s’est penché sur les états financiers de la quinquagénaire. Comme beaucoup de personnes récemment divorcées, Stéphanie traverse des moments éprouvants, ajoute-t-il. «En plus du choc affectif de la séparation, elle doit gérer un choc financier qui la place dans une situation périlleuse.»

On ne peut manger avec des poignées de porte...

Avec ses placements REER, son CELI et l’équité sur la maison, Stéphanie «vaut» presque 100 000 $. Par ailleurs, elle n’a pas de dettes de consommation.

«Elle vaut 100 000 $, mais elle ne peut pas nourrir sa famille, dit Éric Lebel. Son actif, c’est dans le gyproc. Elle n’a pas d’argent comptant. Tu ne peux pas aller faire l’épicerie avec une poignée de porte comme forme de paiement...»

Les options ne sont pas légion pour Stéphanie. Certes, sa situation est temporaire, car les enfants finiront bien par devenir autonomes. «Mais pas demain matin, dit Éric Lebel. Il faut compter trois ou quatre ans. C’est trop long. Elle doit prendre des décisions maintenant.»

Car le compteur tourne. Stéphanie s’endette de plus de 2000 $ par mois... Elle utilise son crédit pour faire l’épicerie.

Stéphanie doit soit réduire ses dépenses, dit Éric Lebel, ce qui est impensable, car elle ne fait aucune folie, soit augmenter son revenu, ce qui est peu probable. Vendre ses REER? «Il ne faut pas qu’elle fasse ça! dit le conseiller. C’est son fonds de pension. Elle en aura besoin.»

Vendre la maison

La seule solution réaliste pour Stéphanie serait de vendre la maison, d’en retirer l’équité, d’aller s’installer dans un logement locatif à Québec, avec ses trois jeunes, où une voiture est moins nécessaire, et de travailler dans un salon de coiffure. Elle n’aurait plus à supporter les frais d’un salon à la maison.

Par ailleurs, ses enfants sont à un âge, souligne Éric Lebel, où ils peuvent contribuer aux revenus, sans que cela ne les empêche de poursuivre leurs études, bien évidemment. Aussi, l’ex-conjoint pourrait éventuellement se trouver un petit boulot qui lui permettrait d’aider la famille.

«Ce sont des solutions. Mais vendre la maison ne se fait pas du jour au lendemain. Stéphanie a d’abord un deuil à faire, de la maison, du conjoint. Le divorce est récent. Elle doit prendre le temps de retomber sur ses pieds. Il faut qu’elle soit assez forte émotivement pour prendre une telle décision.»

En attendant, pendant qu’elle a encore son commerce, Éric Lebel suggère à Stéphanie d’en payer tous les achats (qui représentent plus de 30 000 $ par an) au moyen de ses cartes de crédit personnelles.

«Elle pourra accumuler des points voyage et se payer des vacances dans un tout inclus à moins de 1000 $.» Une petite gâterie en ces temps difficiles.

 

La situation de Stéphanie en chiffres

  • Revenu mensuel total : 2048 $
  • Dépenses mensuelles totales : 4644 $, soit logement et frais connexes (1453 $), dépenses personnelles (1176 $), frais d'alimentation (1322 $) et frais de transport (693 $)
  • Actifs : 400 000 $, valeur totale de la maison, 38 500 $, placements, 50 % des REER, CELI et autres placements (77 000 $), 7000 $, valeur totale des meubles et 15 000 $, 100 % du véhicule.
  • Dettes : 280 000 $, balance du prêt hypothécaire, 6000 $, impôts 2016 à payer, 15 000 $, prêt sur le véhicule, et 60 500 $, dette au conjoint.