/news/health
Navigation

De jeunes urgentologues poussés à quitter le Québec

Pendant ce temps, la pénurie s’accentue

Coup d'oeil sur cet article

Alors que des ruptures de service guettent des urgences, une dizaine de jeunes urgentologues ont quitté le Québec l’an dernier et d’autres songent à faire de même, faute de postes à temps plein, déplore l’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ).

«Après les départs de l’an dernier, huit ou neuf jeunes médecins envisagent de quitter la province. Sur les 33 omnipraticiens qui ont fait une année de formation complémentaire en médecine d’urgence, quatre seulement auraient trouvé un poste à temps plein cette année», signale le président de l’AMUQ, le Dr Bernard Mathieu.

Réforme Barrette

Selon le Dr Mathieu, il manque actuellement une centaine de médecins d’urgence au Québec. «On le voit, on ne fournit plus. Le ministère de la Santé bloque l’admission de nouveaux médecins dans les urgences en difficulté. Les jeunes médecins sont contraints de faire de la prise en charge de patients en cabinet.

Même ceux qui sont spécialisés en médecine d’urgence doivent suivre 200 à 250 patients en clinique, alors que les salles d’urgence ont besoin de ces médecins pour combler les départs à la retraite», argue le Dr Mathieu.

Il cite en exemple l’Hôpital Santa Cabrini, à Montréal, qui, au cours de la dernière année, a perdu quatre urgentologues qui n’ont pas pu être remplacés. «Le CHU de Québec est en pénurie de cinq médecins d’urgence. Pendant ce temps, le ministère a décidé que tous les postes offerts aux nouveaux médecins à Québec iraient dans Lebourgneuf pour la future superclinique», soulève le Dr Mathieu.

Sur la corde raide

Les services d’urgence d’une localité du Témiscamingue sont gravement affectés par le manque de médecins en ce moment. Des citoyens pourraient devoir parcourir 90 km, jusqu’à Ville-Marie, pour une consultation urgente.

«Des ruptures de service pourraient survenir à plusieurs endroits l’été prochain. Alors que le problème d’effectifs médicaux dans les urgences avait été résolu il y a deux ans, on se retrouve à nouveau en pénurie», critique le Dr Mathieu.