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Une vague d’amour pour la comédienne

Éliane Gagnon
Photo Chantal Poirier La comédienne Eliane Gagnon a fait couler beaucoup d’encre après avoir dévoilé publiquement qu’elle était une «alcoolique en rétablissement», en début de semaine.

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Depuis qu’elle a levé le voile sur ses problèmes de dépendance aux drogues et à l’alcool, lundi dernier, la comédienne Eliane Gagnon dit avoir été happée par une grande vague d’amour de la part du public. «Je n’ai reçu aucun message haineux. Je n’ai reçu que de l’amour et de beaux témoignages de gens qui disent qu’ils se reconnaissent, dans ma lettre», a-t-elle confié, en entrevue.

La jeune femme de 31 ans, révélée au public grâce à son rôle de Kim dans la série jeunesse Ramdam, en 2004, a pourtant hésité plusieurs mois avant de publier cette lettre (que l’on peut lire sur le site d’Urbania), dans laquelle elle parle des démons qui l’ont ­poussée à mener­­ une vie chaotique, mais ­«organisée», jusqu’à tout récemment.

«Les gens m’ont beaucoup parlé de l’alcool au volant, des black-out, a précisé celle qui ­considère s’être “mise à nue”, dans sa lettre. Ça me confirme juste que je suis à la bonne place. Je suis là pour dire aux gens que d’être sobre, c’est possible. Je suis aussi là pour leur rappeler que le déni, ça peut être puissant en tabarouette.»

Chemin sinueux

Quinze années ponctuées d’innombrables «lendemains de veille» et de black-out, c’est le temps qu’il aura fallu à Eliane Gagnon pour admettre qu’elle souffrait d’un réel problème de dépendance aux drogues et à l’alcool.

Dans sa lettre, mais aussi dans une vidéo réalisée dans le cadre du Défi 28 jours sans ­alcool de la Fondation Jean Lapointe, la comédienne revient sur le chemin qui l’a amenée à se présenter «amochée» au travail et à mettre sa vie en danger, ainsi que celle des autres, en conduisant avec les facultés affaiblies.

D’ailleurs, c’est après avoir connu un épisode de black-out au volant alors qu’elle se trouvait à Portland, en Oregon, que l’actrice qui ­souhaitait percer le marché américain, à l’époque, a pris la décision de suivre une ­thérapie. C’était le 27 février 2016.

«Je savais que je devais en parler publiquement, entre autres pour donner un coup de main à la Maison Jean Lapointe, qui fait ­beaucoup de prévention auprès des jeunes», a-t-elle expliqué, ajoutant qu’elle avait 11 ans lorsqu’elle a fumé son premier joint.

«La prévention, c’est vraiment important. On devrait commencer à s’adresser aux jeunes dès l’âge de huit ans. Plus on retarde la ­première consommation, plus les chances de développer une dépendance vont diminuer.»

L’avenir

Même si son premier anniversaire de sobriété représente une étape ­importante dans son cheminement, la comédienne est bien consciente des nombreux défis qui l’attendent.

«La pression sociale est grande. La glorification du party et de la consommation est présente dans mon domaine. Je fais donc attention à mes fréquentations. Mon cercle a vraiment diminué, mais c’est ­correct. Les personnes qui sont ­autour de moi, aujourd’hui, sont des personnes qui m’aiment et qui veulent mon bien. Ça vaut de l’or.»

Celle qui explique avoir vu sa «vraie nature émerger» au cours des derniers mois se dit enthousiaste par rapport à l’avenir et à ce qu’il lui ­réserve, dans le milieu ­artistique.

«J’ai quand même auditionné, dans la dernière année, et j’ai eu accès à de très belles ­émotions, en étant sobre. Je le recommande chaudement.»

Entrepreneure

En plus de poursuivre sa ­carrière de comédienne, la ­jeune femme souhaite ­développer son intérêt pour ­l’entrepreneuriat social, entre autres par le truchement de Soberlab, un projet qu’elle a mis sur pied avec sa partenaire ­Josiane Vallières.

«Nous voulons créer un lieu de ­rencontre et offrir aux personnes dépendantes des ateliers liés à la créativité », a-t-elle expliqué, précisant qu’une campagne de sociofinancement venait tout juste d’être lancée afin de faire évoluer l’entreprise.

«La créativité, c’est ce qui me sauve tous les jours. C’est la même chose pour Josiane. C’est ce que nous voulons inculquer avec ce projet-là.»


Tous les détails concernant le Soberlab se trouvent à l’adresse soberlab.ca.