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Les proches de Matthew Schreindorfer veulent aider la recherche sur le cancer

Katia Luciani et sa belle-mère Christine Schreindorfer tiennent une photo de mariage du couple, qui n’a connu que la maladie pendant leur trois ans d’union. Matthew Schreindorfer a toutefois gardé le sourire malgré les épreuves.
Photo Hugo Duchaine Katia Luciani et sa belle-mère Christine Schreindorfer tiennent une photo de mariage du couple, qui n’a connu que la maladie pendant leur trois ans d’union. Matthew Schreindorfer a toutefois gardé le sourire malgré les épreuves.

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«Tu es plus forte que tu ne le penses, tu vas être correcte», a soufflé Matthew Schreindorfer à son épouse avant de mourir. Le Lavallois de 27 ans, qui avait tout le Québec derrière lui dans sa lutte de trois ans contre une fulgurante leucémie, s’est éteint la semaine dernière.

«Il s’est battu jusqu’à la toute fin, jamais il ne s’est plaint et il est resté la personne la plus forte et la plus drôle», confie Katia Luciani, en retenant ses larmes, une semaine après la mort de son amour du secondaire.

Malgré son jeune âge, le Lavallois avait réalisé tous ses rêves, sauf celui d’avoir un enfant, ajoute sa mère Christine Schreindorfer, qui n’oubliera jamais son sourire toujours éclatant, même dans la maladie.

«Il était devenu ingénieur civil, avait épousé son high school sweetheart et réussi un trou d’un coup au golf», dit-elle avec le sourire et les yeux pleins d’eau.

Matthew Schreindorfer
Photo d’archives
Matthew Schreindorfer

Réussir un miracle

Matthew Schreindorfer avait réussi un véritable miracle en amassant 800 000 $ pour des traitements aux États-Unis il y a deux ans, puis près de 400 000 $ dernièrement pour une autre tentative.

Maintenant, sa conjointe compte honorer son «héros» en versant l’argent pour la recherche contre le cancer.

Les amoureux revenaient à peine de leur lune de miel à la Grenade en août 2014 quand Matthew a appris qu’il souffrait d’une leucémie aiguë lymphoblastique.

Après des mois de traitements infructueux à Montréal, il s’était rendu à New York pour subir un traitement expérimental de greffe de moelle osseuse.

Ce fut un succès, mais après presque un an en rémission, le cancer est revenu.

«C’était dévastateur, car le taux de rémission est de 90 % pour ce traitement», se souvient Katia Luciani. En trois ans, son conjoint est resté 27 mois à l’hôpital, a subi des centaines de transfusions sanguines, 25 biopsies et 15 ponctions lombaires.

«Il n’y a rien de pire que de voir son enfant souffrir, mais je suis fière de ce qu’il a pu faire pour l’avancement de la médecine [en participant à des essais cliniques]», soutient sa mère.

Merci à tous

Émue et touchée par tous les dons reçus depuis trois ans, la famille veut soutenir avec cet argent l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont afin d’améliorer les soins aux patients en immunothérapie comme lui.

«C’était notre deuxième famille, tous ces gens qui nous ont soutenus et donné du courage, de l’espoir», dit Katia Luciani, qui manque de mots pour tous les remercier.

Ils sont d’ailleurs invités à rendre hommage à Matthew Schreindorfer, dimanche soir, au Jardin des mémoires de Laval.

Un patient inspirant pour les autres

René Fréchette, Fondation Hôpital Maisonneuve-Rosemont
Photo d’archives
René Fréchette, Fondation Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Matthew Schreindorfer n’a peut-être pas gagné sa lutte contre le cancer, mais sa passion pour la vie continuera d’inspirer les médecins et les malades de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, assure René Fréchette de la Fondation de l’hôpital.

«Il a tout investi de lui-même dans cette bataille et ça continuera d’aider ceux qui vont suivre», dit-il, ajoutant que le jeune homme de Laval a notamment servi de patient modèle pour les chercheurs.

Par exemple, l’été dernier, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont a obtenu une bourse de 50 millions $ pour développer la recherche à son Centre d’immunothérapie, le seul au Québec qui propose de nouveaux traitements novateurs contre le cancer.

C’est justement le cas de Matthew Schreindorfer, qui avait été utilisé par les chercheurs pour faire valoir la nécessité de ce financement fédéral.

Cet hôpital réussit maintenant à faire des greffes de moelle osseuse pour guérir certains types de leucémie, là où des traitements de chimiothérapie restaient parfois inefficaces.

Pas en vain

«Il a été au cœur de ces recherches, qui ont porté leurs fruits», poursuit M. Fréchette.

Selon lui, le Lavallois ne se sera pas battu en vain, mais bien pour tous les autres qui devront affronter la même maladie.