/world/middleeast
Navigation

Israël va libérer le gréviste de la faim palestinien al-Qiq

al-Qiq
Photo d'Archives, AFP al-Qiq

Coup d'oeil sur cet article

JÉRUSALEM | Un journaliste palestinien emprisonné a mis fin à 32 jours de grève de la faim vendredi après avoir reçu l’assurance qu’Israël ne reconduirait pas sa détention sans procès ni inculpation le mois prochain, a dit son épouse à l’AFP.

Si Mohammed al-Qiq était effectivement libéré, il s’agirait de la deuxième fois en moins d’un an que ce journaliste de la chaîne de télévision saoudienne Al-Majd travaillant en Cisjordanie occupée serait relâché par Israël après avoir observé une grève de la faim.

Un tribunal militaire israélien a décidé jeudi que la détention de Mohammed al-Qiq ne serait pas prolongée quand elle arrivera à échéance le mois prochain, a dit à l’AFP son avocat Khaled Zabarqa.

Il sera libre le 14 avril, a indiqué son épouse, Fayha Chalach, qui parle de «victoire judiciaire». Mohammed al-Qiq, actuellement hospitalisé près de Tel-Aviv, «a arrêté sa grève» de la faim, a-t-elle dit.

L’autorité pénitentiaire israélienne a confirmé qu’il sortirait de prison en avril et qu’il avait arrêté sa grève de la faim.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant colonel Peter Lerner, a déclaré à l’AFP qu’il n’y avait «pas d’accord» en vertu duquel M. Qiq arrêtait sa grève de la faim en échange de sa libération.

«Il sera libéré comme prévu», a-t-il dit.

Détention administrative

Mohammed al-Qiq avait été arrêté mi-janvier et placé en détention administrative, initialement pour six mois, ensuite ramenés à trois.

Israël l’accuse d’être un agent du mouvement islamiste Hamas, grand ennemi d’Israël. M. Qiq réfute ces accusations.

La détention administrative est un régime extra-judiciaire d’incarcération, sans inculpation ni procès, pour des périodes généralement de six mois renouvelables indéfiniment. Israël l’applique à des centaines de Palestiniens.

La détention administrative est décriée par de nombreuses ONG comme attentatoires aux droits fondamentaux.

Les partisans de cette mesure la défendent en invoquant la nécessité de mettre à l’écart des individus présumés dangereux et l’impossibilité, pour des raisons supérieures de sécurité, de rendre publiques certaines preuves retenues contre eux.

Pas une première

M. Qiq avait déjà été arrêté fin 2015 et mis sa vie en grand danger en observant une grève de la faim de 94 jours selon ses proches, n’ingérant occasionnellement que des minéraux et des vitamines pour protester contre sa détention administrative.

Le bras de fer l’avait placé dans un état critique. La mobilisation autour de son cas avait mis dans l’embarras Israël, déjà confronté les mois précédents aux cas de deux détenus administratifs palestiniens usant de l’arme de la faim pour défendre leur cause.

Israël avait fini par accepter de ne pas renouveler sa détention administrative, et il était sorti de prison en mai 2016.