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«Annie est la femme de ma vie»

«Annie est la femme de ma vie»
Photo courtoisie, Philippe-Olivier Constant

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Son combat contre le ­cancer en 2013 l’a amené à considérer la vie ­autrement. Et parmi ces changements, Dominic Arpin a choisi de donner au suivant, entre autres en s’impliquant auprès de Relais­­ pour la vie, et d’unir officiellement sa destinée à celle de son amoureuse, Annie Spencer, qui était alors à ses côtés depuis presque 18 ans. Il nous parle de ce grand ­jour, en août 2015, où il a ­épousé la femme auprès de qui il souhaite vieillir...

Dominic, depuis que vous avez combattu un cancer, ressentez-vous une certaine urgence de vivre?

Tellement! Certains transforment leur vie complètement parce que la maladie leur permet de réaliser qu’ils n’aiment pas ce qu’ils font. Moi, j’aimais ma vie avant le diagnostic et je n’ai pas souhaité la changer. Par contre, j’ai changé en ce qui concerne certains détails­­. Je ne fais plus certains compromis et je ne perds plus de temps avec des émotions inutiles. Je focalise davantage sur ce qui me rend heureux et ce qui rend les autres autour de moi heureux. J’avais 42 ans au moment du diagnostic. Je m’entraînais alors pour un marathon. Je me pensais surhumain. J’acceptais les petits irritants sous prétexte que j’avais du temps devant moi.

Et qu’est-ce qui a changé?

Disons que, depuis, je niaise moins qu’avant pour des décisions importantes. Je tranche plus facilement. Ma vie aujourd’hui ressemble passablement à celle d’avant le diagnostic. Je me suis dit, par contre, que si je passais au travers et que j’en avais la force ­physique et mentale, j’allais donner au suivant. C’est pour cette raison que je suis porte-parole du Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer. À ma façon, j’essaie d’aider les autres.

Est-ce cette urgence de vivre qui vous a incité à officialiser votre relation avec votre amoureuse, Annie?

En quelque sorte, oui. Ça faisait presque 18 ans que nous étions ensemble, Annie et moi, lorsque nous nous sommes mariés. Ça faisait déjà quelques années que je lui parlais de mariage. Annie avait une certaine ­réserve; elle n’a jamais été attirée par le mariage. Comme nous étions ­ensemble depuis tant d’années, elle ne voyait pas l’intérêt de la chose.

Est-ce le fait de traverser un cancer qui a changé la donne?

Lorsque le diagnostic du cancer est tombé et que ma blonde s’est occupée de moi pendant des mois, j’ai eu une ­révélation. Je savais que je l’aimais et qu’elle était la femme de ma vie, mais elle s’est révélée d’une force incroyable. Sa force de caractère et son positivisme m’ont aidé à rebondir. Je me suis vu vieillir à ses côtés. Je savais que c’était elle que je voulais à côté de moi jusqu’à la fin de mes jours. Le mariage était pour moi une manière de dire à ma blonde, à nos familles et à nos amis qu’entre nous, c’était à la vie à la mort.

Comment Annie en est-elle venue à changer d’idée au sujet du mariage?

Nous en discutions souvent, et je dirais même que c’était devenu un running gag. En 2015, à la Saint-Valentin, Annie m’a donné une carte dans laquelle il y avait une question, et je devais cocher la réponse: «Acceptes-tu de me marier?» C’est ainsi que ça s’est décidé. La seule condition, c’était que ce soit simple.

Où avez-vous célébré votre mariage?

Dans un parc à Saint-Hubert, donc ­relativement près de la maison. Nous avons invité une quinzaine de ­personnes: les parents d’Annie, son frère, sa sœur, les cousins et cousines. De mon côté, il y avait mes parents et mes enfants et quelques amis triés sur le volet. Un célébrant a procédé au ­mariage civil. Je crois qu’en tout, se rendre sur place et revenir à la maison a pris moins d’une heure... Comme les parents d’Annie et mes ­parents sont religieux, le célébrant avait glissé quelques notions ­religieuses au fil de la cérémonie. Ses mots résonnaient pour tous. Ç’a été une belle cérémonie.

Quel a été pour vous le moment le plus touchant?

Je pense que c’est lorsque nous avons échangé nos joncs. Je suis le plus ­sensible de nous deux. Du début à la fin de la cérémonie, j’ai eu le cœur dans la gorge. Lorsque j’ai passé la bague au doigt d’Annie, ça symbolisait tout pour moi.


Dominic Arpin est à la barre de l’émission Vlog, le dimanche 18 h 30, à TVA. On peut aussi l’entendre à la radio du lundi au vendredi dès 5 h 30, à Énergie le matin, sur les ondes de 94,3 Énergie.