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Ça va mal pour le processus

Ça va mal pour le processus

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Ainsi donc, Florent Gagné, le tonton flingueur de la conciergerie payé à l'heure, un ex de la SQ, fera enquête sur ce qui s’est passé au sympathique ministère des Transports alors que la neige tombait sur l’Amérique et que 300 contribuables fiscalisés passaient la nuit au froid sur une autoroute située en pleine métropole... Quand il neige à Montréal, on se retrouve parfois à Saint-Cyrille-de-Game-Over.

S’il a su discuter en rond avec les Premières nations, le consultant retraité Gagné saura fumer le calumet de paix avec les hippocampes du MTQ et les poissons rouges de la Sécurité publique.

Le sirop d'érable, la fiscalité municipale, la police, les transports, rien ne résiste à l'ancien diplômé de l'Externat d'Alma. Il devrait donc venir à bout du processus. Cette mise en oeuvre de l'intelligence qui s'enraye pour des raisons impossibles à expliquer au commun des mortels.

Espérons qu’il ne découvrira pas que le seul fonctionnaire capable de régler les moniteurs braqués sur la 13 avait oublié que la semaine de relâche était terminée...

Cette fois, et c'est tant mieux, on ne se bornera pas à circonscrire les questions autour du cabinet du ministre en l’occurrence, Laurent Lessard...

Ce serait perdre un précieux temps provincial que de se limiter à lui poser des questions; il faudrait d’abord suivre des cours d’espéranto... Ou rappeler Yvon Nadeau-des-Chalets pour traduire.

«Déresponsabilité»

Remarquez qu’elle est bien pratique, la «responsabilité ministérielle». Surtout pour éviter de parler de ce qui ne va pas vraiment. On devrait parler de «déresponsabilité ministérielle».

Elle sert souvent à cacher les vrais responsables quand survient un cafouillage majeur.

Les oppositions et les journalistes se rendent parfois la vie facile en mitraillant un ministre avant de demander sa démission. C’est ainsi que les choses se passent la plupart du temps.

Mais cette fois, devant l’incroyable bordel survenu sur l’autoroute A-13 lors de la tempête, il est bien difficile de faire croire aux gens que les ministres des Transports et de la Sécurité publique en sont responsables.

Ce ne sont pas eux qui, devant les moniteurs du contrôle de la circulation, pouvaient juger qu’il fallait absolument intervenir, sortir les gens prisonniers d’un embouteillage.

Ah, la fameuse «responsabilité ministérielle» a toujours été utile au maintien du statu quo. Les hauts cris des médias et des oppositions contenaient généralement le débat dans l’arène politique.

La conversation

Parler d'imputabilité politique ne vise qu'à pardonner d'emblée ceux qui n'ont pas fait leur travail. 

On imagine la scène, quelque part dans la fourmilière...

-      Allo, y a quelqu’un?

-      ...

-      Allo, y neige en criss, y a quelqu’un?

-      ...

-      Allo, j'suis bien chez Tim Horton? Chose es-tu là?

-      ...

-      Câlisse, il est passé où le gars du processus tempête?

-      ...

-      Y a un manteau sur la patère mais y a personne...

-      ...

-      Allo, la Commission de toponymie?

 

Enfin bref, cette histoire est gravissime et super gênante. Pas juste pour les Québécois en général. New York, Boston, Buffulo, Philadelphie, ces mégas villes s’en sont bien sorties.

Bizarre qu'ici le blizzard fasse tant de dégâts.

Sans doute la faute à l’austérité...

On ne s’en sortira jamais si on ne prend pas les grands moyens. Tant qu’on n’en sera pas à quatre millions de fonctionnaires pour huit millions d’habitants, on ne sera sûr de rien... Surtout en hiver.