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Caribou un moratoire injustifié

En se basant sur les chiffres du ministère et sur la Convention de la Baie-James, 
il n’y a aucune raison valable pour que les Québécois non autochtones soient privés de chasser le caribou dès 2018.
Photo courtoisie En se basant sur les chiffres du ministère et sur la Convention de la Baie-James, il n’y a aucune raison valable pour que les Québécois non autochtones soient privés de chasser le caribou dès 2018.

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Ainsi donc, dès 2018, seuls les autochtones pourront chasser le caribou au Québec...

En prétextant le déclin du troupeau de la rivière aux Feuilles – qui serait passé de 430 000 en 2011 à 200 000 en 2016 –, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs interdira aux chasseurs québécois non autochtones de prélever ces magnifiques cervidés nordiques.

Cette mesure me semble toutefois tout à fait injustifiée. Je m’explique.

Selon la Convention de la Baie-James, une espèce menacée comme celle du caribou doit être protégée afin d’assurer les activités traditionnelles des autochtones et, en second lieu, les besoins des non autochtones en matière de chasse.

Pour y parvenir, le ministère peut modifier les règlements de chasse ou encore établir des quotas de prélèvement pour les autochtones et les non autochtones.

Ainsi, si la population de caribous permet une récolte supérieure aux niveaux garantis par la Convention, tout excédant est réparti entre les autochtones et les non autochtones.

Si par contre la population de caribous ne permet pas cette exploitation, la totalité du tableau de chasse est allouée uniquement aux autochtones.

Assez de caribous

Selon des informations recueillies auprès de la Fédération des pourvoiries du Québec (FPQ), le niveau d’exploitation garanti pour les autochtones est actuellement de 6407 caribous pour l’ensemble des nations conventionnées (les Cris, les Naskapis et les Inuits). Le nombre exact de caribous prélevés par les autochtones n’est pas connu, car ils ne semblent pas documenter leurs prises. Selon la FPQ, le ministère avance pour sa part un chiffre d’environ 10 000 bêtes annuellement.

En tenant pour acquis les chiffres mentionnés, soit 10 000 caribous récoltés par les autochtones et leur niveau d’exploitation, qui est de 6407, c’est un total de 3593 bêtes qu’ils prélèvent en trop.

Si le traité de la Baie-James était respecté, cet excédent devrait être réparti entre les autochtones et les non autochtones. Les clients des pourvoyeurs auraient donc accès à 1796 caribous. C’est plus qu’en 2015-2016, alors qu’ils n’avaient prélevé que 1344 bêtes!

Avec ces 1796 caribous auxquels ils ont droit, non seulement la chasse ne serait pas interdite à compter de l’an prochain, mais c’est aussi l’ensemble des opérations des pourvoyeurs du Grand Nord – qui sont virtuellement voués à la faillite –, qui pourrait se poursuivre.

Au dire du président-directeur général de la Fédération des pourvoiries du Québec, Marc Plourde et du président de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, Pierre Latraverse, certains intervenants dans ce dossier autochtone ne négocient pas de bonne foi et les grands perdants sont encore une fois les bons payeurs de permis de chasse, qui devront se rabattre vers d’autres activités de prélèvement jusqu’à ce qu’on leur enlève encore une fois certains de leurs droits.

Recette

Pour vous aider à savourer encore plus vos venaisons, voici une recette de Marie-Noël Hamelin, chef exécutif chez Le 7e sel... chef et traiteur à domicile à Grand-Remous, en Outaouais.

Steak d’orignal au beurre d’érable et fleur de sel, pleurotes grillées

Pour 4 personnes

Ingrédients :

  • 4 steaks d’orignal
  • 60 ml (4 c. à soupe) de crème épaisse fermière
  • 30 ml (2 c. à soupe) de ciboulette ciselée
  • 4 barquettes de pleurotes fraîches
  • 30 ml (2c. à soupe) de beurre
  • 30 ml (2 c. à soupe) d’huile de pépins de raisins
  • 60 ml (4 c. à soupe) de beurre d’érable
  • Fleur de sel

Préparation :

1. Taillez et nettoyez les pleurotes sans les mouiller avec un pinceau. Dans un poêlon, faites dorer les pleurotes à feu vif avec le beurre.

2. Assaisonnez de fleur de sel. Réservez au chaud.

3. Dans un autre poêlon, faites griller les steaks d’orignal au degré de cuisson désiré avec l’huile de pépins de raisins. Retirez du feu, transférez dans un plat creux et couvrez de papier d’aluminium durant 5 minutes.

4. Dressez chaque assiette avec un steak d’orignal. Sur chaque morceau de viande, déposez environ une cuillère

à table de beurre d’érable et assaisonnez de fleur de sel. Ajoutez une noisette de crème fraîche dans l’assiette et déposez-y les pleurotes puis décorez avec la ciboulette.

5. Servez avec une salade d’épinard au feta et à l’huile d’olive ou avec des pommes de terre grelots au beurre.