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Les élèves étaient des premiers de classe

Les apprentis pilotes étaient des premiers de classe qui n’avaient pas de difficultés

Les élèves étaient des premiers de classe
Photo d'archives

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Les deux apprentis pilotes chinois impliqués dans la collision mortelle au-dessus des Promenades Saint-Bruno vendredi étaient deux élèves modèles, selon l’école de pilotage Cargair qui les formait depuis plusieurs mois.

«Ce sont deux jeunes qui cheminaient très bien et qui n’avaient pas de problèmes», explique Daniel Adams, directeur de l’exploitation chez Cargair.

Autour de 12 h 40 vendredi, deux appareils sont entrés en collision à plus de 1000 pieds d’altitude. «Les instructeurs des deux jeunes sont très affectés. Ils les forment depuis plusieurs mois et ils s’expliquent mal ce qui est arrivé», confie M. Adams.

Du soutien psychologique est offert depuis vendredi au personnel et aux étudiants de l’école.

Hier, l’identité des pilotes d’origine chinoise, dont l’un est décédé et l’autre, gravement blessé, n’avait toujours pas été divulguée. Les deux élèves habitaient à Saint-Hubert, dans des résidences affiliées à Cargair. Ils se connaissaient, mais n’étaient pas dans le même groupe chez Cargair, souligne M. Adams.

L’école de pilotage, qui est fermée depuis la tragédie, évaluera demain si les instructeurs et les élèves seront aptes à reprendre les classes mardi.

Hommage

Un hommage devrait être organisé dans les prochains jours par Cargair.

Les proches des deux pilotes ont été avisés hier de l’accident. «Puisque c’est une autre culture, nous sommes en communication avec la famille du jeune décédé ainsi qu’avec les compagnies d’aviation en Chine», indique M. Adams. Depuis 2006, Cargair reçoit quelque 150 pilotes chinois chaque année pour leur donner des cours de pilotage.

Bilingues

Et M. Adams est clair: ses deux élèves parlaient et comprenaient bien l’anglais.

Il croit plutôt qu’il y a eu un bris de communications entre la tour de contrôle et le pilote de 23 ans. Après le violent impact, l’un des avions s’est écrasé sur le toit des Promenades Saint-Bruno, tandis que l’autre a violemment heurté le sol dans le stationnement, causant la mort du pilote de 21 ans.

Celui de 23 ans s’en est sorti avec de graves blessures, mais sa vie n’est pas en danger.

Au moment de la collision, un des pilotes se dirigeait vers la piste de l’aéroport de Saint-Hubert pour atterrir, alors que l’autre venait de la quitter pour commencer ses exercices de vol. Il s’agit du premier accident mortel chez Cargair, qui a été fondée en 1961.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada poursuivait hier son enquête.

Le Pilote décédé

  • Il était âgé de 21 ans
  • L’homme était au Québec depuis sept mois
  • L’apprenti pilote était autorisé à voler seul
  • Il avait 40 heures de vol à son actif, dont une dizaine d’heures en solo
  • Il lui restait 20 heures de pilotage à effectuer pour obtenir sa licence de pilote privé
  • Il parlait anglais

Le Pilote blessé

  • Il est âgé de 23 ans
  • L’apprenti pilote est au Québec depui­s un an
  • Il est autorisé à voler seul
  • Il a 140 heures de vol à son actif, dont 60 heures de vol en solo
  • L’homme détient une licence de pilo­te privé
  • Il lui reste 50 heures à effectuer pour obtenir sa licence de pilote commercial
  • Il parle anglais

Un ex-militaire a tenté de secourir le pilote décédé

Attablé avec des collègues aux Promenades Saint-Bruno, un ancien militaire a tenté de secourir le pilote de l’avion qui s’est écrasé dans le stationnement lorsqu’il a entendu un gros bruit.

«C’était la panique dehors. J’y suis allé et j’ai vu qu’il y avait une main. J’ai tenté de prendre le pouls, mais il n’y en avait plus», raconte Guy Pomerleau, témoin de l’accident.

L’homme croit que l’apprenti pilote est mort sur le coup.

«L’impact a été tellement violent qu’il y a eu une vibration lorsque l’avion a heurté le sol», se rappelle-t-il.

Le corps de l’élève de l’école de pilotage Cargair s’est retrouvé encastré dans la carcasse du Cessna 152 qu’il pilo­tait.

«Il n’y avait plus rien à faire. Son corps était plié en deux, mais on ne voyait pas son visage», mentionne M. Pomerleau qui, malgré la tragédie, a réussi à poursuivre sa journée de travail.

Miracle

M. Pomerleau, qui a piloté durant de nombreuses années, a été étonné d’apprendre que l’autre pilote impliqué dans la collision s’en était sorti vivant.

«Il est chanceux d’être en vie, parce qu’un avion qui perd sa portance, ça tombe comme une roche», explique-t-il.

Panique dans le stationnement

Miraculeusement, aucun passant n’a été blessé dans le stationnement des Promenades Saint-Bruno.

«Deux minutes avant, on voyait des gens marcher à l’endroit exact où l’avion s’est écrasé», se souvient M. Pomer­leau.

Le centre commercial, fermé depuis le drame, rouvrira ses portes ce matin à 10 h.

– Avec la collaboration de TVA Nouvelles