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Il a dû éviter l’automobile qui fonçait sur lui avant de faire feu

Un policier est accusé d’homicide involontaire causant la mort d’un jeune de 17 ans

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Un policier de la Sûreté du Québec accusé d’avoir abattu un adolescent en janvier 2014 a dû «bondir» pour éviter la voiture de la victime qui lui fonçait dessus.

Le policier Éric Deslauriers, 46 ans, a été accusé d’homicide involontaire après avoir fait feu sur David H. Lacour, 17 ans, qui conduisait un véhicule prétendument volé. Son procès s’est ouvert mercredi.

Plusieurs témoins, dont on doit taire les noms, ont raconté que Deslauriers avait averti la victime à maintes reprises de s’immobiliser avant de lui tirer dessus à deux ou trois reprises.

Une témoin a même dit que Deslauriers avait dû «bondir» pour ne pas être happé par le fuyard.

Le sergent Deslauriers a localisé une voiture rapportée volée de modèle Mazda RX-8 sur le terrain de l’école Augustin-Norbert-Morin de Sainte-Adèle. Vers 13 h, il a appelé des renforts.

« Backup »

«Besoin de backup à la poly aux adultes pour un visuel sur véhicule volé», a-t-il dit sur les ondes radio.

Tout s’est enchaîné rapidement par la suite.

Le policier aurait demandé à au moins deux reprises à David H. Lacour de sortir de l’auto et lever les mains. Celui-ci aurait fini par lever les mains, mais il les aurait redescendues aussitôt et aurait pesé sur l’accélérateur. La voiture s’est alors déplacée en direction de Deslauriers. C’est là que deux à trois coups de feu auraient été entendus.

L’agent Dominic Gingras, de la Sûreté du Québec, s’est rendu sur place et a dû administrer des soins à la victime.

«Sergent Deslauriers se trouvait à la porte conducteur de la Mazda et m’a demandé d’appeler une ambulance. Je me suis approché et j’ai vu une personne blessée et le sergent Deslauriers m’a demandé de maintenir une pression au cou de la victime», raconte l’agent Gingras.

Celui-ci a accompagné M. Lacour au centre hospitalier de Sainte-Agathe où son décès a été constaté à 14 h 10.

« J’ai paniqué »

Une témoin qui se trouvait à quelques mètres de la scène a raconté mercredi la façon dont elle a réagi lors des événements. «J’ai crié et je me suis reculée. J’ai paniqué», soutient celle qui avait 13 ans au moment des faits.

Un autre témoin a dit que le conducteur, lorsqu’il a entendu les ordres du policier «s’en foutait». «Il (David Lacour) rinçait son auto et partait vers le policier. Son auto s’est retrouvée dans le banc de neige. J’ai eu très peur en entendant les coups de feu. Je ne m’attendais pas à ça tout de suite, je suis parti en courant pour me cacher.»

Ce qu’ils ont dit

« Le sergent Deslauriers est allé voir si le jeune allait bien. » - Un témoin

«Il (Deslauriers) a tiré quand l’auto était vraiment proche de lui. » - Un témoin

«Jamais je n’aurais cru que ça finirait comme ça. J’étais certain que le jeune arriverait à se sauver avec le véhicule. J’ai vu le policier mettre le jeune en joue et demander de lever les mains. Le jeune l’a fait, mais je l’ai vu les remettre sur le volant et faire “spinner” les roues arrière. J’ai entendu des coups de feu, mais je n’ai rien vu de ça. » - Le directeur adjoint de l’école Augustin-Norbert-Morin, Daniel Gauthier

«Éric (Deslauriers) est un bon policier rigoureux, un grand travaillant. Il a un bon jugement. On a travaillé ensemble durant 15 ans. Jamais il n’a agi de façon impulsive. » - François Monette, ex-enquêteur et policier à la SQ en entrevue au Journal