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Le Québec isolé

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L’utilisation de poissons-appâts vivants est toujours possible dans les eaux limitrophes ontariennes et américaines.

Avec la nouvelle réglementation québécoise sur l’utilisation des poissons-appâts, c’est à se demander de quel côté de la canne à pêche se trouve le poisson!

À compter du 1er avril, il sera interdit d’utiliser des poissons-appâts vivants en hiver et des morts en période estivale, sur le territoire québécois. Cette décision du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs fera du Québec un endroit unique dans le nord-est de l’Amérique, alors que ce sera permis en Ontario et dans les États américains ­limitrophes à la province.

Le MFFP avait annoncé depuis belle lurette qu’il serait défendu de se servir de ménés morts en eaux libres dès avril, ce à quoi plusieurs organismes s’opposaient et demandaient des rencontres sur le sujet. Il a toutefois pris tout le monde par surprise en imposant cette nouvelle législation sur les poissons-appâts vivants, qui n’étaient autorisés que dans le ­corridor fluvial, en invoquant les risques de propagation d’espèces indésirables comme la carpe asiatique dans le fleuve Saint-Laurent.

Les Ontariens sont également aux prises avec les espèces envahissantes dans les Grands Lacs, comme la carpe de roseau. Pourtant, les pêcheurs peuvent se procurer jusqu’à 120 ménés vivants auprès de commerçants autorisés. Les résidents peuvent aussi capturer leurs propres poissons-appâts tant qu’ils ne dépassent pas la ­limite des 120.

Afin de conserver la biodiversité et d’empêcher la propagation des espèces envahissantes, les autorités ontariennes interdisent de se servir de perchaude et de gaspareau vivant comme appât. Les pêcheurs doivent aussi s’assurer que chacun des ménés en leur possession fait partie des espèces et sous-espèces autorisées.

C’est un peu le même constat au Vermont, au Maine et dans l’État de New York. Les pêcheurs peuvent attraper leurs propres poissons-appâts et les utiliser dans les mêmes plans d’eau d’où ils proviennent. Ils ont également la possibilité d’en acheter.

Manque de vision

Le directeur général de la ­Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, Alain Cosette, trouve la situation déplorable.

«C’est d’autant plus inconcevable que les pêcheurs qui fréquentent par exemple le lac Ontario, qui se déverse dans le fleuve Saint-Laurent, pourront continuer à pêcher avec des poissons-appâts. Le scénario sera le même pour ceux qui se trouvent dans la partie ontarienne de la rivière des ­Outaouais et du lac Saint-François ou dans la portion américaine du lac Champlain; ils pourront toujours pêcher avec des ménés, alors que ce sera interdit dans la portion québécoise de ces plans d’eau. Où est la logique dans cette ­mesure? Le ministère manque de ­vision et a une complète incompréhension de l’économie reliée aux activités de prélèvement ».

Selon le président-directeur général de la Fédération des pourvoiries du Québec, Marc Plourde, «le MFFP a pris une mesure draconienne sans avoir consulté les utilisateurs dans le but de dégager des solutions alternatives. Il a pris une décision sans égard pour les répercussions sociales et économiques néfastes pour l'industrie de la pêche sportive».

Plusieurs pourvoyeurs de pêche blanche du Québec sont découragés face à la situation et entrevoient des scénarios fort déprimants pour le futur. Selon eux, sans méné vivant qui nage au bout des brimbales de leur clientèle, les amateurs captureront beaucoup moins de poissons et délaisseront l’activité.

Dates d’ouverture

Je trouve complètement inacceptable que les dates régissant les différentes saisons de pêche ne soient en ligne que depuis quelques jours à peine sur le site du ministère à l’adresse : https://peche.faune.gouv.qc.ca/?lang=fr. De plus, il semblerait que le Guide du pêcheur, en version papier, ne sera pas disponible avant la mi-avril. Comment ­voulez-vous qu’on planifie nos sorties si nous n’avons pas ces données fondamentales? Ainsi, certains, comme moi, devront modifier leur agenda. Par exemple, on ne pourra pas prélever de truites et d’ombles (truite mouchetée, truite grise, ouananiche, arc-en-ciel et brune) avant le 28 avril dans plusieurs zones. Pour ce qui est du brochet, vous aurez l'opportunité de les taquiner dans certaines parties de la zone 8 dès le 5 mai, puis ailleurs dans la province, ça ne sera qu’à compter du 19 mai. Quant au doré, les amateurs pourront les cibler à partir du

12 mai à certains endroits dans les zones 7 et 8, puis du 19 mai dans d’autres régions. Les adeptes d’achigan et de ­maskinongé devront patienter jusqu’au 16 juin. Prenez le temps de vous renseigner avec précision à ce sujet afin de bien planifier vos premières excursions.