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Miner le mouvement syndical de l’intérieur

GEN-CHANTAL RACETTE
Photo d'archives

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Le Syndicat des cols bleus de la ville de Montréal, local 301 du SCFP, se retrouve encore une fois sur la sellette, car sa présidente et le trésorier auraient pris la décision de recourir à la caisse du syndicat pour assumer leur contribution aux régimes de retraite et n’en auraient pas saisi l’exécutif syndical et les membres.

Le pire dans toute cette histoire, c’est que madame Racette ne se sentait pas l’obligation de s’en expliquer à ses commettants parce que c’est elle qui gère la bâtisse et que ses collaborateurs n’avaient pas à tout savoir, selon ses propos rapportés dans le Journal samedi. Elle a toutefois atténué ses affirmations à la sortie de l’assemblée générale, d’hier, en prétendant avoir tout expliqué à son monde, selon La Presse. La rencontre prévue avec le président national du SCFP cause peut-être cette soudaine transparence, mais elle a toutefois été trop longue à réaliser son obligation de rendre des comptes à ses commettants.

L’actualité entourant le Syndicat des cols bleus de Montréal, au cours des derniers mois, n’a guère été reluisante pour l’ensemble du mouvement syndical, bien que je sois conscient que les médias mettent rarement en valeur le mouvement syndical pour sa contribution au progrès socioéconomique du Québec. Il est de la responsabilité de chacune des organisations syndicales de ne pas prêter flanc à la critique au plan de l’intégrité et de l’honnêteté et de ne surtout pas laisser l’impression que les officiers font fi de la démocratie interne.

Le Syndicat des cols bleus de Montréal n’a jamais vraiment eu bonne presse et les reporters l’ont généralement perçu comme un syndicat de « gros bras » qui n’hésitait pas à faire dans l’intimidation et à poser des gestes violents. La division affichée dans les médias, les pressions exercées pour empêcher les membres de s’exprimer publiquement, en les filmant pour les intimider lorsqu’ils parlent aux journalistes, et les menaces de leur arracher la tête sont des facteurs qui nourrissent cette perception, contribuant ainsi à discréditer et à délégitimer l’action syndicale. Pour plusieurs, ce syndicalisme d’une autre ère est dépassé et sa répression est vivement encouragée, donnant du coup au gouvernement et aux patrons plus de légitimité pour sabrer dans les droits des travailleurs.

Les évènements de la semaine démontrent que le référendum, tenu en soutien à la présidente Racette, n’a pas ramené le calme dans le syndicat et que les problèmes persistent. Le local 301 et le SCFP ont l’obligation implicite de mettre en place un processus qui rétablira l’harmonie au sein de ce syndicat de cols bleus, pour le bien de leurs membres et pour la crédibilité de l’ensemble du monde syndical. La façon d’agir du Local 301 actuellement rapportée dans les médias ne fait pas que ternir la réputation des cols bleus de Montréal, elle mine la crédibilité de tous les syndicats.