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Le policier qui a tiré sur un adolescent était convaincu de se faire tuer

L’agent accusé d’homicide involontaire se serait fait foncer dessus par une auto

Le 22 janvier 2014, Éric Deslauriers a ouvert le feu vers David H. Lacour, qui conduisait une voiture rapportée volée.
Photo d’archives Le 22 janvier 2014, Éric Deslauriers a ouvert le feu vers David H. Lacour, qui conduisait une voiture rapportée volée.

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Un policier de la Sûreté du Québec, qui a atteint mortellement un jeune de 17 ans près d’une école en janvier 2014 à Sainte-Adèle, dit avoir craint pour sa vie et n’avoir eu d’autre choix que de tirer sur la victime.

Le policier de la SQ Éric Deslauriers, qui subit actuellement son procès pour homicide involontaire après avoir atteint mortellement David H. Lacour, rapporte avoir été surpris de voir une voiture «foncer» sur lui et soutient n’avoir eu d’autre choix que d’utiliser son arme pour «mettre fin à la menace».

David H. Lacour
Photo d'archives
David H. Lacour

Voiture volée

Lorsqu’il a repéré la Mazda rapportée volée sur le terrain de l’école aux adultes, à côté de l’école secondaire Augustin­­-Norbert-Morin, elle était face à lui.

Deslauriers croyait que le conducteur aurait pu vouloir fuir à haute vitesse.

«Pour la sécurité des piétons, j’ai décidé de barrer complètement la sortie avec mon véhicule», raconte-t-il.

Le policier dit avoir demandé à David Lacour de lever les mains avec l’intention de lui mettre les menottes.

«Il les a levées durant une seconde­­, puis les a rebaissées, j’ai répété et il ne m’a pas écouté. À la troisième demande­­, il a coopéré et les a sorties par la fenêtre.»

Éric Deslauriers raconte s’être approché, croyant que c’était sécuritaire puisque la victime coopérait à ce moment. Il soutient que les roues avant de la Mazda pointaient vers lui.

«Il (Lacour) a rentré ses mains, a appuyé­­ sur l’accélérateur pour foncer en ma direction. J’ai vraiment eu peur pour ma vie. Ma seule option était de faire feu. Je me suis dit “j’suis fait”, je me fais frapper­­.»

Deslauriers a tiré à deux reprises, atteignant­­ le conducteur de 17 ans au cou et au coude gauche. Il raconte­­ que la voiture a ensuite­­ dévié de sa trajectoire et lui a frôlé la jambe avant de percuter un banc de neige.

Éric deslauriers, Accusé
Photo MARTIN ALARIE
Éric deslauriers, Accusé

Tristesse

«Chaque fois que je revis ce bout de l’événement, c’est difficile­­ pour moi. Je vis la tristesse de ce qui s’en est suivi», affirme-t-il.

En voulant porter secours au conducteur, le policier a réalisé qu’il n’avait pas activé son appareil répéteur. C’est pourquoi il a demandé aux témoins et policiers venus en renfort d’appeler une ambulance.

En contre-interrogatoire, Deslauriers a soutenu que la Mazda est restée immobile tout au long de son intervention, sauf lorsque le conducteur a accéléré vers lui.

Le procès du policier Éric Deslauriers devrait se terminer aujourd’hui au palais­­ de justice de Saint-Jérôme.