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Assez de l’élitisme!

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Alors que le retour dans l’octogone du champion québécois d’arts martiaux mixtes Georges St-Pierre arrive à grands pas, je me remets à penser à la façon dont, parfois, une certaine élite intellectuelle dénigre certaines formes de divertissements.

Par exemple, lors de la dernière cérémonie des Oscars, l’actrice Meryl Streep s’est mise à dénoncer les politiques de Donald Trump. Elle était particulièrement remontée contre ses politiques d’immigration. Il faut dire qu’à l’époque, la première interdiction d’entrer sur le territoire s’appliquant aux ressortissants de certains pays musulmans n’avait pas encore été invalidée par les tribunaux. Au passage, elle en a cependant profité pour écorcher les arts martiaux mixtes et le football, qui ne sont pas de l’Art avec un grand A. Pardon, madame.

« Hollywood déborde d’étrangers et d’immigrants et si vous les expulsez tous, vous n’aurez plus rien d’autre à regarder que le football et les arts martiaux mixtes, qui ne sont pas de l’art. »

Ce que les gens comme Merryl Streep ne supportent pas, c’est la concurrence. Alors que « l’art », celui avec un grand A, est par nécessité assez rigide et réfractaire au changement, la culture populaire innove constamment. C’est parce qu’elle en a besoin. Les émissions de télé, le sport et les célébrités sont en rivalité constante pour attirer l’attention des gens.

Et la culture pop nous a donné de superbes genres et œuvres qu’on reconnaît aujourd’hui comme de l’art sans la moindre opposition. Le jazz, à une certaine époque, était une musique du peuple qui était boudée par l’élite. Qui oserait aujourd’hui dire que le jazz n’est pas de l’art et qu’il n’a pas inspiré des générations entières d’artistes?

Même l’opéra italien, qu’on pourrait considérer comme le summum de la performance artistique, a évolué et s’est fait connaître au 17e siècle entre autres grâce aux opéras populaires de Venise. Ce style s’adressait au peuple, plutôt qu’aux aristocrates et aux puristes, en insistant davantage sur le spectacle et moins sur la tragédie.

En attendant que le sport et les autres formes de divertissement populaire atteignent le statut de l’opéra, je vais continuer à regarder le hockey, écouter du heavy métal et encourager George St-Pierre sans ressentir la moindre honte. Go Habs go!, n’en déplaise à Meryl Streep!